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Enorme problème de concentration, là. Je sais pas si c'est à cause de la musique qui gueule pour un rien ou si c'est juste mon esprit embrumé qui a décidé de se faire la malle. J'abrège mes souffrances en claquant une cigarette sur le coin des lèvres tandis que je me mets à taper frénétiquement sur le clavier. Ca fait quatre heures que j'écris un peu pour que dalle. Dans le genre des lignes que je ne lirai sans doute jamais. Je suis passablement vidée, peut-être même un peu conne. Genre parole d'alcolo, j'avais juré qu'on m'y reprendrait plus. Tu parles. Du haut de mes 23 berges, j'ai autant de couilles qu'un mec qui descend chercher ses clopes un samedi matin. En stand by depuis des semaines. Je me sens limite dégueulasse de me cracher dessus comme ça. Mais c'est juste la réalité des choses. J'apprends à faire avec. C'est que le show doit continuer, bon ou mauvais.

Parfois, je me dis qu'il faudrait peut-être que je retrouve la candeur des jours passés. Que je me paye une petite séance de sublime, au lieu de me lyncher le crâne comme je sais si bien faire. Mais c'est juste le bordel dans ma tête, des choses qui bouffent une place pas possible alors que je réclame juste du silence. Beaucoup de calme, un peu à l'abri des regards, et puis faire les connexions nécessaires, histoire de voir un peu où ça m'amène. Mais au lieu de ça, j'éprouve juste un profond sentiment d'inutilité. L'inutilité de moi-même, de l'ensemble, de la vacuité du temps, du non sens de la vie (putain, c'est beau ce que je dis). Je sais pas quoi te dire. Et j'ai même pas l'excuse de te claquer que je suis saoule. Je pense juste au vide qui a traversé mon existence. A ces types qui pensaient que j'allais les rendre heureux. A mon incapacité d'accepter les compromis, tels qu'ils soient. Je me fous de savoir si je vais réussir aujourd'hui ou demain, si je suis faite pour telle ou telle connerie. C'est juste que j'ai arrêté de croire qu'on m'attendait quelque part. N'avoir rien à prouver, n'avoir rien à justifier. Je sais plus qui disait ça, mais gagner sa vie, j'ai jamais vu l'intérêt. C'est vrai ça, à quoi ça pourrait servir, de la gagner, vu qu'elle m'appartient déjà?

Je me demande si c'est pas ça, ce fameux point de rupture. Le moment où tout bascule, où tu réalises, que toute cette putain de mascarade, ça devait se jouer dans ce métal là. Je sais pas si un jour on arrivera à me changer. Je ne sais pas si je le dois, je ne sais pas si je le veux. Un constat qui me fait flipper, même si je l'emmerde un peu.

pale saints . barging into the presense of god