I WANT MY KATE MOSS _ [culture slut]

150719

lady babushka


Je me suis mise au russe et pour être tout à fait honnête, je pense que je n'avais pas besoin de me rajouter ça sur la gueule. Mais j'ai une espèce de folie à bouffer du savoir que je sais d'avance inutile depuis quelques temps. Peut-être que j'ai besoin de remplir le vide de mon existence, allez savoir.
En trois ans j'ai appris à pas trop mal me démerder à la guitare et l'harmonica, j'ai amélioré mon polonais perdu et maintenant ça. C'est bien, j'ai plus qu'à devenir une Pussy Riot. Il parait que nos actions font ce que nous sommes. Je me suis bien cassée le cul, j'avais qu'à reprendre la vodka si j'avais des rêves de punk slave.
Peut-être aussi une façon détournée d'éviter le crayon, tellement j'ai le sentiment de perdre les mots, depuis quelques mots. J'ai la rythmique qui fout le camp et mes mots sont aussi lisses qu'une future miss en représentation. Je sais pas si c'est l'âge ou si j'ai perdu le feu sacré. Peut-être un sale mélange des deux.  

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 04:00 PM - Permalien [#]

130619

pound my skinny head



Le cimetière du Père-Lachaise a la particularité d'abriter environ toute la branche parisienne de ma famille. Des espèces de ritals qui se sont retrouvés je sais pas trop comment à errer du côté du 15e et à faire des bouffes chez Hugo, l'écrivain, ou encore à montrer son cul au théâtre. Rue Lakanal, l'histoire de mes débuts.

Je me suis baladée parmi les tombes, dimanche, essayant de me remémorer difficilement qui était le conducteur de métro avec un balai dans le cul, l'actrice syphonée qui adorait mourir sur scène ou encore la vieille bourge hystéro qui ne sortait jamais sans sa peau de renard autour du cou. Mon grand-père en parlait rarement, si ce n'est lorsqu'il s'agissait de les dégommer. C'est qu'il supportait mal les piques à son attention. "C'est incroyable, les ouvriers ont des balcons maintenant". Il avait beau être un gros con, personne ne pouvait vraiment lui en vouloir de les détester. 


D'eux, je n'aurais hérité que le nom. Mon père ne m'en parlait pas plus, sans doute lié au fait qu'il leur en a toujours voulu d'avoir fermé les yeux sur les sévices qu'il subissait.

Quand j'y pense, c'est très étrange que je veuille une famille, ou peut-être que j'aime souffrir. Ma mère me dit que c'est parce que j'ai ça en moi, vouloir réparer les choses. Que c'est ce qui me guide dans mes choix. Essayer de toujours trouver le meilleur chez l'autre, dans une situation, et remettre le tout sur pied. Casser le karma. Elle a peut-être raison. Peut-être que mon cynisme et mon nihilisme ne sont qu'un masque. Allez savoir. 

En attendant, j'empile les déceptions et les échecs. Je continue quand même de batailler, parce que je ne sais faire que ça. Faussement détachée, l'angoisse au fond des tripes. J'essaie de recoller les morceaux d'une famille éclatée, violentée par le temps. Sur mon visage se lit l'usure d'une histoire que je n'arrive pas à comprendre, d'évènements qui me laissent sans voix.

Je crois que j'ai besoin de dormir pendant au moins mille ans.

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 08:14 AM - Permalien [#]

the fable of willie brown

C'est fatiguant, la famille. Je dis ça, certains seraient heureux, d'en avoir une. Moi non. Dans le lot, je garde que ma mère, les autres peuvent aller se faire foutre.

C'est drôle comme les morts délient les langues. Comme tous les secrets dégueulasses remontent à la surface. Pourtant on a rien d'une série à la The O.C. Personne ne possède d'empire mais c'est fou la capacité à faire du drama pour de la merde.

J'ai jamais particulièrement apprécié les complications. Je suis une fille simple. J'attends que ça passe. Pourtant j'ai toujours eu la gueulante facile, même si je commence à atteindre l'âge de raison. Il suffit que je relise mes anciens textes pour cmomprendre à quel point j'ai pu évoluer. Plus calme, plus sereine. En attendant l'orage.

J'aime l'idée que je ne suis plus esclave du temps qui passe. Que les choses prennent certains chemins. Je continue à serpenter, à changer de peau, pour le pire comme pour le meilleur. J'ai toujours été douée à ce jeu là.

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 08:07 AM - Permalien [#]
230519

drop your socks and grab your mini boom box

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Je dis souvent que j'aime ne rien foutre mais traîner sur internet, autant que tu veux pour chercher des photos, alors là, bordel je suis la première. Mon ancien boss à la direction artistique savait que je pouvais lui ressortir tous les shootings dont il avait besoin plus vite que pinterest. C'est mon seul intérêt véritable à vrai dire. J'ai dans la tête une banque d'images, tous les clichés de Von Unwerth rangés par ordre chronologique. Je peux te dire à quelle date telle photo aura été tirée. C'est pas une histoire de talent, juste une histoire de savoir. Un savoir qui se perpétue à l'infini. Toute cette connerie, elle est juste cyclique, avec le coup d'avance en prime. "Je sais déjà ce que les gens voudront voir l'année prochaine", il me disait. J'ai claqué la porte parce que j'aime bien l'idée que les gens aillent à contre sens des avis de mecs dans son genre. Je suis une grande naive, je me dis bien qu'on finira par retrouver un peu de créativité pure, casser la machine. Je voudrais bien rencontrer quelqu'un comme ça, un jour.

J'écoute en boucle Kylie Minogue. X est un disque beaucoup trop sous estimé. Je me dis qu'elle est la seule artiste que j'ai envie de voir en concert. Elle a toujours cette mesure dans la démesure, cette classe dans le kitsch, cette émotion dans le froid. Je repense à Confide in me, ma cathédrale pop. Ce titre est une symphonie, n'essayez même pas de me contredire.

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 07:30 AM - - Permalien [#]
180519

plastic loveless letter

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Dorothy Parker écrivait: "Quand une chose est finie, seul les endroits où on a souffert sont supportables. Si on retourne aux lieux de son bonheur, le cœur éclate de chagrin." Parfois, je suis heureuse de me dire que tout ce qu'on a vécu ne s'est pas passé entre les murs de Paris. J'y pensais en passant à côté d'Orsay. Tu adorais Orsay mais nous n'y sommes jamais allés. Je disais toujours "un jour prochain". C'est assez drôle comme on peut être sûr des choses. J'ai arrêté d'être sûre après toi. J'ai arrêté de croire en l'éternel, même si je savais bien, au fond de moi, que toutes les choses finissent pas craquer. Mais pas comme ça. Non. J'aurais voulu quelque chose de différent. S'il avait fallu une fin. 

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 08:01 PM - - Permalien [#]

i am that kind, living blind

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On ne parle plus vraiment de Melissa Auf Der Maur. Je me repasse pourtant assez souvent son disque de 2004. Sa connerie aura été de le sortir quasi en même temps qu'America's Sweetheart de Love. Je n'écoute jamais cet album de Love. Je sais pas si on peut vraiment écouter autre chose que Live through this de Hole. Il a été ma magie enfantine au même titre que Ray of Light de Madonna. On en faisait, de ces belles choses, par le passé. 

Je vis beaucoup dans la nostalgie d'un golden times fabriqué de toute pièce par mes soins. J'ai eu ma claque beaucoup trop tôt. Mes yeux, mes oreilles, n'ont plus jamais cessé de chercher ces atmosphères, ces tons, ces sons. Je ne peux vivre tristement que par ce biais. Tout m'ennuie depuis. Alors je décortique le vieux, m'ammenant à chercher pourquoi tous ces gens, pourquoi toutes ces histoires crâmées m'ont immédiatement fascinées. Je crois qu'il n'y a pas de réponse. Je crois juste que j'aime les grosses guitares accompagnées par des filles en petite robe de soie.

Je crois que je vais écouter Katie Jane Garside.

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 03:04 PM - - Permalien [#]