27.11.09
i'm not trying to sound like i'm trying to be mean but he thinks he can be a girl better than me

PLAYLIST OF THE WEEK #015
- frank black :: i heard ramona sing
- grand duchy :: fort wayne
- califone :: polish girls
- yo la tengo :: point and shoot
- handsome furs :: i'm confused
23.11.09
the trick is to keep breathing

Je n'ai jamais su être mesurée, même pas un peu. Je vais pas dire que je regrette, parce que encore trop tôt pour le balancer comme ça. Une question de choix, qu'on assume ou pas, et qui vous colle au cul pire qu'un ex taulard en rut. Ce soir, j'ai un peu fait du constat de mes deux, pas vraiment grave, mais pas trop légère non plus, et j'ai eu un peu les boules, sans forcément sombrer dans le mélo drame. C'est que j'en ai toujours eu rien à foutre, des honneurs. Déjà toute môme, quand on me foutait là, au milieu de tout ce beau monde qui me scrutait en attendant que je chie des dons surnaturels histoire de les faire se palucher à l'aise.Y parait qu'à trois piges, j'avais déjà ce regard fuyant, qu'on avait du mal à cerner. C'est que j'avais aucune raison de regarder droit, tellement les choses défilaient devant mes yeux. A force de bouger comme j'ai pu le faire, j'ai fini par m'accrocher à bien peu de choses. Sans doute à cause du caractère éphémère du moment. J'ai jamais su saisir l'instant. Je me laissais glisser, parce que je voyais pas comment les choses auraient pu se dérouler autrement. Sans la moindre ambition, ni même une once d'estime de soi. Je comprenais pas à quoi ça pouvait rimer. Toutes ces journées passées à brasser du rien sur l'autel de la merde intellectuelle. A jouer au petit chien à sa maman, histoire de se taper un susucre si on a bien rempli son cahier avec tout plein d'images. Je me rappelle même que je l'avais obtenu, cette putain de grosse affiche, si on collectait suffisament de bons points. Mais j'ai préféré la découper. C'est ce que valait rien, au final, cette connerie.
Y en a qui bandent dès qu'on leur caresse la queue. Qui s'adorent pour tant de génie genre j'ai vaincu l'adversité pour avoir pondu dix pages sur comment les pourris niquent le monde en dix leçons. Ces même personnes diront sans doute que c'est bien du discours de looseuse que je tiens là et moi peut-être que je leur cracherais à la gueule comme je pourrais tout aussi bien passer mon chemin. C'est juste une autre conception de la vie. Moins plaquée or, et sans doute moins naif qu'il n'y parait. Peut-être un peu trop rude, pas vraiment palpable pour certains. Y a de quoi me prendre pour une conne, mais je m'en branle. Si près de la vérité, qu'est-ce qu'il reste à cacher?
Y a ma mère hier matin qui m'a collé droit dans la gueule qu'elle était désolée pour tout ce qu'elle m'avait fait subir. Toutes ces choses que j'aurais pas du connaitre, toutes ces choses que j'aurais pas du vivre. De pas m'avoir offert ce que je méritais, de pas avoir été là quand il fallait. Ce gâchis là, qui te colle aux tripes et que tu caches soigneusement sous une flopée de mots dans le genre connard-suce bite. Des rires tonitruants et des je m'en cogne à la pelle quand les sourires s'effacent pour laisser place au malaise. Pourtant j'ai failli le baiser, ce parcours sans faute. Et en fin de compte, c'est lui qui m'a baisé. Sans doute que j'étais pas assez digne pour qu'on me traite comme une princesse. Alors j'ai juste préféré courir plus vite. Tout envoyer valdinguer, juste une question de luxe même s'il n'y a jamais eu grand chose, dans le tas.
La seule chose valable chez moi. Ce goût immodéré pour la merde. Marque de fabrique. Y en a qui se la crée et d'autres qui sont nés avec. Qui fantasment là-dessus autant qu'ils voudraient défoncer Sasha Grey. Qui veulent vivre vite et mal mais qui n'arriveront jamais à capter ce qui manquent désespérement dans leur falzard.
garbage . sleep together
22.11.09
failure is always the best way to learn

So you want to be hip little girls?
-TED JOANS-
18.11.09
grant lee buffalo

Sans chiquer, j’ai jamais eu la tête solidement ancrée. C’est un truc qui a toujours collé l’admiration. Les gens se demandaient vraiment comment je pouvais tenir avec un bataillon de l’armée dans la crâne. Sensation étrange, pas concevable pour un type lambda. Trois quatre jours de gnole, à dégueuler tripes et boyaux. Bouffer le pissenlit par la racine en se gavant de médocs pour faire genre y a pas de souci. Vertiges incessants, nervosité ambiante. Ce bruit, c‘est mes doigts qui tapent en cadence. Le sommeil en berne et l’adrénaline qui crève le plafond, parce que plus que ça pour te sentir vivant. Les idées fusent, vont vite, aussi vite que la lumière. Un pur esprit, qui se nourrit de ce qu’il voit ou de ce qu’il vit. Rien d’autre n’a d’importance, c’est ça le deal. Même si y a pas de sens, tu connais plus que ça. La peur. La douleur. Des lendemains qui se ramènent en trombe et du passé qui veut plus partir. Du paysage en noir et blanc, plus aucune nuance.
Quand j’y repense y a une pointe de tendresse qui se profile à l’horizon. Des souvenirs liquides, qui se piquent à ma cervelle ramollie. La douce époque, où il suffisait de descendre au drugstore du coin et choper un peu de morphine sans ordonnance. Quelques chinois qui fumaient de l’opium aux fenêtres, et qu’on trouvait ça presque normal. C’était le temps où tout foutait le camp et où pourtant y avait la rage de vaincre. Balourder au placard ce qui empêchait de respirer et se foutre en poussière, pour l’éternité. Comme une évidence, se taper dans le silence. Aucunement la fin, peut-être même l’infini. Des regrets présents, des remords latents. Les paroles qui rongent le mental et foutent un goût amer au total. Poser les couteaux et se calmer, desserrer les dents, pas de raison de se caler absent.
Sur les murs ombragés, fissures de l’âme effritées en de la caillasse de mauvaise qualité.
Je rêvais souvent d’aller voir du pays à bord d’une caisse cradingue. Suffisamment de dope dans le coffre pour tenir durant le voyage. Des blessures qu'on panse, et des désirs qui reviennent à la charge. Des grésillements qui laissent la place à des sons audibles. Réaliser que la merde, elle est derrière soi, et que si on continue de rouler, peut-être qu'on pourra finir par la paumer, si on croit assez fort. Rencontrer des visages plus tordus les uns que les autres, des raclures en tout genre, vraiment. Sauvages, braillards, foutus. En un rien de temps sur la route, vieux standards américains qui résonneraient comme des hymnes à la gloire...
20/06/06
16.11.09
the ugly truth

La journée passée à dormir. Migraine et beaucoup de silence. Pas la force d'ouvrir les volets. Le noir le plus complet, au dehors comme au dedans. C'est que mes insomnies me bouffent la cervelle et la junk food mon foie (et qui, dans son genre, agonise déjà pas mal). Le téléphone n'arrête pas de sonner. Je finis par le fermer. J'arrive toujours pas à comprendre ces gens qui s'obstinent à m'appeler. Comme s'ils avaient pas encore compris que j'ai horreur de les écouter parler.
Je ressors mes tarots, je tire les cartes jusqu'à ce qu'elles me donnent une réponse satisfaisante. Ca prend pas mal de temps avant que j'arrive à brouiller les pistes, mais jamais vraiment beau, jamais vraiment convaincant. Je finis par y lire ce que j'ai envie d'y lire. Se mentir à soi-même, un peu l'histoire de ma vie.
Et puis ce soir, je reçois le mail d'un gars. Pas le premier de ce genre en vérité. Le troisième, pour être plus précise. Un peu comme une putain d'habitude qui me pend au nez depuis que j'écris. Je me rappelle de celui qui avait ouvert le bal. Dans son genre il était pas mal. Il avait eu le cran de jeter sur le papier un personnage inspiré de mes écrits. Un peu la façon dont il me percevait. Ca avait pris des formes assez flippantes et m'a fait réalisé à quel point le blog, ça peut être à des années lumières de la réalité. Le deuxième, lui, c'était un peu du genre créature fragile. C'était une lutte de chaque instant pour que je le fasse pas chialer. A ce moment là, d'ailleurs, j'avais pensé, sûr, jamais deux sans trois, tu vois, un autre connard va débouler pour me faire chier parce que j'ai pas l'air assez salope comme ça. Et ça s'est révélée vraie cette connerie en fait. Le troisième; il a fini par se pointer, gueule enfarinée, pour que je lui déclame certaine que ouais, c'est un mec plein d'avenir (parce qu'on va pas se la raconter, quand on envoit ses écrits à quelqu'un, on veut forcément, une pipe, de l'amour et de l'admiration en retour). Et c'est justement ça, j'ai jamais compris pourquoi on voulait spécialement de ma pipe, de mon amour, et de mon admiration. Peut-être parce que j'ai toujours estimé que ça valait pas grand-chose. Qu'il y avait pas de quoi se taper le cul par terre quand je me mettais à causer. Cette allure crispée que je prends dès qu'on se met à me regarder. J'ai l'air grande gueule comme ça, mais je suis le genre de fille qui veut être oubliée. Pas de vague, pas d'intérêt. Sans doute pour ça que j'ai renoncé à beaucoup de choses, et que j'ai fini par m'enterrer toujours plus bas. Si je le regrette? Pas le moins du monde.
smoke (of oldominion) feat yadira brown . bleed
07.11.09
death in wonderland

Ces dernières semaines, je me suis faite plutôt rare. Peut-être parce que j'avais plus envie de vivre les choses que d'en parler pendant des heures. Et je reviens ici, avec l'impression dégueulasse de pas avoir fait ce qu'il fallait. D'ordinaire, j'emmerde ce que je pense, mais là, c'est différent. Crispée, silencieuse. Noyée dans son regard alors qu'elle n'attendait qu'un truc, que je l'ouvre, sans le moindre calme. Que je lui gerbe dans la gueule ma morale à deux balles et qu'on en reste là. Mais au lieu de ça, je suis restée assise et j'ai allumé une cigarette sans me soucier de lui coller le cancer parce que de toute manière, elle va crever, c'est les docteurs qui l'ont dit à son père. Plus qu'une question de temps, ça lui ronge déjà le bide d'avoir trop vécu à la petite. Elle se balance sur elle même, essaie d'articuler quelque chose mais sa machoire est sclérosée, tout autant que sa cervelle foutue en bouillie par l'héroine. Je la regarde et pendant un instant j'essaie de revoir ma môme du ce2. Celle qui portait toujours ses jolies petites jupes plissés et ses souliers vernis. Mais rien à faire, ça se brouille en ombre humaine, froide et laide. Les joues creusées et les mains qui tremblent alors qu'il fait une chaleur à tomber. Perdue dans un fute qui pue le rance, elle jure dans le décors de cette chambre qui, il n'y a pas si longtemps, abritait encore une petite fille et ses poupées Barbie. Une petite fille qu'on s'est chargée de piétiner jusqu'au sang et qui en garde les stigmates. Je descends et regarde les murs qui ne m'ont jamais parus aussi vides. Sa mère, dans le canapé, est amorphe devant la télé qu'elle ne regarde même pas. Les images crachent les seuls sons qui tendent à rendre l'endroit un tant soi peu vivant. Je me dirige vers la cuisine et je prends un verre d'eau, pour elle. Gestes précis, et lents. Comme si je voulais que ce moment dure toujours. Sans avoir à l'affronter une nouvelle fois. Cette chose qu'on ne peut combattre. La der des ders qu'on s'était juré, mais sans cesse à tes basques. Ca te poursuit toute cette merde et t'y peut rien. Même plus la force de pleurer, même plus la force de regarder les choses en face. Oublier autant qu'on peut, et attendre, une heure, un jour, aussi longtemps que possible. Qu'elle lâche son dernier souffle, et rentrer chez soi.
Et puis lui en vouloir, lui en vouloir de vous infliger ça. Lui en vouloir de pas y avoir penser, lui en vouloir de partir comme ça, à la dérobée. Lui en vouloir de te rendre aussi conne, lui en vouloir de te rendre si impuissante face à tout ça. Lui en vouloir de tout, même si dans le fond, elle ne t'avait pas menti lorsqu'elle disait qu'un jour, elle s'en irait pour de vrai. Lui en vouloir alors qu'il n'y a aucune raison valable, juste la trouille grandissante de te replonger là-dedans. Impression de déjà vu, semblable, palpable, reconnaissable. Une erreur, une putain d'erreur.
Je laisse tomber le verre, il se brise. Je regarde les morceaux mais ne les ramassent pas. C'est trop tard, je pense. Personne les ramassera. Plus jamais.
jackson c frank . milk and honey