I WANT MY KATE MOSS _ [culture slut]

i used to do drugs, but don't tell anyone or it will ruin my image

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highway don't care

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Je pourrais dire tellement de choses sur l’attente. L’attente d’un mieux, l’attente du rêve. Il est en face de moi, un autre aussi, en transit. Pareil que moi, dans l’attente, il me dit : “Je crois que je l’aime parce que je n’ai personne d’autre”. Il est assis, pensif. Il fait tourner sa bière, puis soupire. “C’est drôle, je repensais à ce que tu disais, avec les yeux, le miroir de l’âme. Si on regardait dans mes yeux, je suis certain qu’on y verrait que du noir. Il en faut, du mal en soit pour jouer avec les sentiments de quelqu’un à ce point. Lui faire croire l’amour, à chaque minute, jour après jour. Lui tenir la main, lui caresser les cheveux. Passer toutes les étapes, réussir avec succès, lui montrer qu’on est digne d’être aimé. Ne plus vouloir rien lâcher, de peur que ça te file encore une fois entre les doigts. Et puis c’est si tranquille, si facile. On s’en accomode, le vide est comblé, on a plus rien à chercher. On est heureux, on est plus seul, on est retrouvé. On a gagné. On a enfin gagné… Et puis…et puis un jour le coeur déraille, le coeur a mal. La tête avance mais le coeur, le coeur, il n’est plus là. Il te rappelle seulement le mensonge, les années coulées, les années perdues. Le temps coincé, fatigué, éreinté. Et tu finis par te demander, si cette partie, tu l’as vraiment gagné. Quand tu lèves le voile et que tu le regardes à nouveau, ce vide qui a toujours été là, quoi que tu fasses. Le rôle mal attribué, qui t’embrasse le matin, sans réaliser que n’importe quel autre aurait pu avoir sa place…”
"Tu repenses encore à elle, parfois, je lui demande, celle que tu as rencontrée avant M.?" 
"Chaque jour de ma putain de vie." 
"Alors pourquoi tu lui dis pas? Pourquoi tu quittes pas tout, comme ces connards dans les films à l’eau de rose. Tu l’as toujours aimé. Quoi que tu dises, ça se voit sur ta gueule. Elle est dans ton crâne depuis bien trop longtemps pour que ça représente rien."
"Parce que je suis lâche. Autant dire la vérité. Et c’est la raison pour laquelle je vivrai avec la mauvaise personne jusqu’à la fin de mes jours. Je ne voulais pas être seul. J’ai eu ce que je voulais. Maintenant j’ai plus qu’à payer".

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 08:28 PM - 002: LOST AND FOUND - Permalien [#]

it's nice to have a crush on someone. it feels like you're alive, you know?

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J’entends un peu de bruit qui semble venir de la salle de bain. Je suis réveillée mais je garde les yeux fermés, je ne veux pas croiser son regard lorsqu’il partira. Je n’ai jamais aimé ça. Ce regard stupide que les garçons se trimballent dans ces moments là. Comme si on attendait forcément quelque chose de leur part. C’est fou comme parfois ils peuvent se monter la tête, croire à leur propre mirage. Se donner l’importance qu’ils n’ont pas, et qu’ils n’auront jamais. Ils ne sont rien, si ce n’est un coup de rein passé minuit, avec quelques étreintes au sol en prime, histoire d’enjoliver le romantisme.

Mais peut-être est-ce ma faute, lorsque je les laisse me bercer avec leurs sérénades. Laisser courir, deux trois longueurs d’avance, même si je sais comment tout ce cinéma va se finir. Je ne sais pas dire non, mais j’aime les voir faire le beau. Ils m’amusent comme ces clébard qui danse sur leurs deux pattes arrières. Là, à montrer qu’ils sont les plus intelligents, et les plus drôles et les plus merveilleux sans réaliser qu’en vérité ils sont juste là pour combler le vide. Le strip d’une vie perpétuelle. Des jours qui se couchent, des nuits qui se lèvent. Et puis ce con plutôt bien joli qui parle qui parle qui parle, alors que je ne pense qu’aux choses qu’on fera deux heures plus tard…

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 08:17 PM - 001: POLYPHONIC PROSTITUTE - Permalien [#]

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let the ghosts disappear

RICHARD BRAUTIGAN_

Quand je commence à lire Brautigan, il est difficile pour moi de m'arrêter. Pourtant, il n'a jamais fait parti de mon panthéon privé d'auteurs admirés. Mais le personnage, le personnage...Je me rappelle de Christian Bourgois qui avait donné cette interview dans ce vieux Libé, où il nous livrait sa rencontre la plus inattendue, celle avec Brautigan, bien évidemment : 

C’est un auteur que j’ai publié avec enthousiasme et dévotion dans les années 70. Chaque nouveau livre était un enchantement. Au bout d’un certain nombre d’années, en 1984, j’ai réussi à convaincre son agent de le faire venir à Paris depuis le Montana. Je suis allé le chercher à Roissy, c’était comme aller à la messe, je n’avais qu’une photo de lui et j’avais fini par inventer un personnage. J’ai vu arriver un grand échalas, tout en jeans, aux cheveux filasse, immense, avec un air de chien triste. Au fil de son séjour, tout s’est détraqué. Brautigan était agressif, dépressif, il buvait comme un trou. Il n’est pas sorti de sa chambre d’hôtel, sauf pour voir Beineix (il avait adoré Diva) le Père-Lachaise et une grande surface. Il n’est pas venu au salon du livre où il était attendu mais a passé son temps à vouloir aller à Munich. Il est parti furieux, je ne l’ai pas revu, il est mort quelques mois après.

Peut-être la raison pour laquelle il continue de me fasciner, après tout ce temps.

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 01:58 PM - 002: LOST AND FOUND - Permalien [#]

120814

don't need to hide

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Sa bite qu’il prenait pour un étendard lorsqu’elle se dressait dans le lit avec la vulgarité de ces gens qui croient distingué de mettre leur petit doigt en l’air en saisissant leur tasse de thé quand ils sont en visite chez une fausse duchesse à la peau fanée, flétrie, pourrie comme le parquet de leur boudoir fait de planches de cercueils exhumés après trois siècles de caveau. Je n’éprouve pas de haine envers lui. Je ne le connais pas. Il n’a qu’à s’exiler, mourir, garder la chambre. Il évitera le pire, et je me passe d’avoir à le lui infliger. Il n’est qu’un homme perdu dans la masse, avec son appareil génital en sautoir, et cette pitoyable inaptitude à éprouver des sentiments. Il croira à une aventure érotique impromptue, un fantasme enfin réalisé, mais il sera là pour expier sa conduite passée, future, et il ne pourra nier posséder un pénis, des bourses, ces pendentifs qui chez les humains font un homme, un amant possible, un plaqueur potentiel ou une de ces sangsues qui refusent en pleurnichant de partir, invoquant l’amour, des liens imaginaires. Je ne lui en veux pas d’être un mec, on n’en veut pas aux ciels gris, et seuls les imbéciles s’agenouillent devant chaque rayon de soleil.  

Régis JAUFFRET

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 02:58 PM - 002: LOST AND FOUND - Permalien [#]

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i was there

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J'ai raté ta vie. Je répète cette phrase en ricannant, le nez dans le verre. Il m'écoute sans broncher, un peu las de mes éternels coups fourrés. Je le regarde et je remarque à nouveau cette cicatrice qu'il a au coin de l'oeil. Une bagarre qui avait mal tourné, à l'époque où nous étions encore ces jeunes amoureux un peu cons. Il remue le fond de sa bière pour faire un peu de mousse avant de le finir cul sec. T'as pas raté ma vie, qu'il me répond en reposant son verre. T'as pas non plus raté la tienne. T'es comme un bateau perdu qui vogue de droite à gauche, sans se soucier de quoi que ce soit. Tu n'as pas de sentiments et c'est peut-être ce qui te sauvera, quand tout se finira. Tu es un monstre d'égoisme, qui prend et qui broie. Tu chiales mais ce n'est que pour la prestance. Tu n'aimes personne, à part toi-même. Tu n'es pas une belle personne, tu ne l'as jamais été, et tu ne le seras sans doute jamais. Et pourtant on y retourne, comme un connard d'insecte qui termine par se faire griller à force de s'être trop approché d'une lampe allumée. On y retourne parce qu'on croit qu'on sera celui qui te changera. Mais tu ne changes pas. Et on ne peut qu'assister, impuissant, à cette longue chute qui n'en finit pas. 

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 12:23 AM - 002: LOST AND FOUND - Permalien [#]

310714

lost sea

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Je n'ai plus devant moi que le néant. Et il faut que je me débrouille avec ça. Plus de destin. Juste un enchaînement de petits faits qui n'ont d'autre sens que celui qu'on veut bien leur donner. Une vie machinale, sans objet. La vie de tout le monde.

Raymond CARVER

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 11:13 PM - 001: POLYPHONIC PROSTITUTE - Permalien [#]


Fin »