I WANT MY KATE MOSS _ [culture slut]

240215

pennyroyal tea

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J'aurais aimé être aussi jolie que Scarlett Johansson. J'y pense alors que j'écoute My soul is on fire, allongée sur le lit. Je voudrais tomber amoureuse sur cette chanson. Derrière mes grands airs je crois que je suis une incurable romantique. Sans doute là l'un des plus grands drames de ma vie.

Je ne me reconnais plus vraiment en ce moment. Les habitudes sont toujours les mêmes mais tout me semble différent. Mes insomnies ont la peau dure. Je crois que je pense beaucoup trop. Alors je lis, j'écris, je vais au théâtre. Toutes ces choses sensées m'apaiser mais rien ne marche. J'en ressors toujours plus perdue.

M. m'a de nouveau écrit. C'est drôle comme le passé ressurgit à chaque coin de porte. Je ne sais pas quoi lui dire malgré les trois années de silence. Peut-être que je ne répondrai rien. A force de contempler son absence j'avais fini par me faire une raison. Que les fantômes s'arrangent avec les fantômes.

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 03:46 AM - Permalien [#]

230215

speak for me

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Parfois j'ai la sensation de vivre une vie de songe, une vie bourrée d'illusions. Des erreurs, les unes après les autres, les errances qui n'en finissent plus. Je marche sans avancer, gestures perdues dans le néant de mes certitudes. Je me sens las. Aussi las qu'un con qui vient enfin d'ouvrir les yeux. Je me rends compte que les choses ont bien changé mais je m'y refuse. Allez savoir pourquoi. Je suis ce personnage dans les films, la tige inutile adossée au mur. Etre médiocre oublié au détour d'un plan serré. L'ennui me bouffe mais j'y reviens toujours. Je me persuade de ma chance alors que je ne fais que crever tout en lenteur. J'agonise, c'est ça, sourire béat. 

J'attends que les dérives me mènent là où je devrais m'attacher mais elles ne le font jamais. Et c'est toujours un peu plus loin que je me perds, là où je ne veux pas, là où je n'ai jamais voulu aller. Elles me laissent comme pour morte et moi, pauvre conne, j'acquiesce, dans le silence. Je brille par l'élégence de ma propre absence. Je le sais bien que ma vie est sur le bas côté, mais je ne veux pas quitter la route. Si rassurant, y parait que ça pue le danger quand on tente de s'écarter. J'ai rien à perdre, tout à gagner, et pourtant. Toujours la même rengaine, toujours la même lacheté. Les excuses qu'on énumère, mécanique, pour pas se l'avouer. La vérité craque mais jamais de démesure, on colmate. Et le mensonge prend le pas, toujours un peu plus. Ca rassure. Tenir des heures, des jours. Et on recommence, ritournelle incessante.

Mais pour encore combien de temps?

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 01:35 AM - - Permalien [#]
180215

let me clip your dirty wings

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C'est étrange de voir son passé rapliquer. Ce truc perdu qu'on croyait mort, enterré au fin fond de nulle part. Et c'est d'autant plus étrange de constater qu'il vous avait manqué, ce passé. Comme une partie de soi que l'on retrouve. Pas de rancoeurs ni de haine. Juste un simple sourire au coin des lèvres.

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 01:26 AM - Permalien [#]
010115

highway don't care

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Je pourrais dire tellement de choses sur l’attente. L’attente d’un mieux, l’attente du rêve. Il est en face de moi, un autre aussi, en transit. Pareil que moi, dans l’attente, il me dit : “Je crois que je l’aime parce que je n’ai personne d’autre”. Il est assis, pensif. Il fait tourner sa bière, puis soupire. “C’est drôle, je repensais à ce que tu disais, avec les yeux, le miroir de l’âme. Si on regardait dans mes yeux, je suis certain qu’on y verrait que du noir. Il en faut, du mal en soit pour jouer avec les sentiments de quelqu’un à ce point. Lui faire croire l’amour, à chaque minute, jour après jour. Lui tenir la main, lui caresser les cheveux. Passer toutes les étapes, réussir avec succès, lui montrer qu’on est digne d’être aimé. Ne plus vouloir rien lâcher, de peur que ça te file encore une fois entre les doigts. Et puis c’est si tranquille, si facile. On s’en accomode, le vide est comblé, on a plus rien à chercher. On est heureux, on est plus seul, on est retrouvé. On a gagné. On a enfin gagné… Et puis…et puis un jour le coeur déraille, le coeur a mal. La tête avance mais le coeur, le coeur, il n’est plus là. Il te rappelle seulement le mensonge, les années coulées, les années perdues. Le temps coincé, fatigué, éreinté. Et tu finis par te demander, si cette partie, tu l’as vraiment gagné. Quand tu lèves le voile et que tu le regardes à nouveau, ce vide qui a toujours été là, quoi que tu fasses. Le rôle mal attribué, qui t’embrasse le matin, sans réaliser que n’importe quel autre aurait pu avoir sa place…”
"Tu repenses encore à elle, parfois, je lui demande, celle que tu as rencontrée avant M.?" 
"Chaque jour de ma putain de vie." 
"Alors pourquoi tu lui dis pas? Pourquoi tu quittes pas tout, comme ces connards dans les films à l’eau de rose. Tu l’as toujours aimé. Quoi que tu dises, ça se voit sur ta gueule. Elle est dans ton crâne depuis bien trop longtemps pour que ça représente rien."
"Parce que je suis lâche. Autant dire la vérité. Et c’est la raison pour laquelle je vivrai avec la mauvaise personne jusqu’à la fin de mes jours. Je ne voulais pas être seul. J’ai eu ce que je voulais. Maintenant j’ai plus qu’à payer".

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 08:28 PM - - Permalien [#]

it's nice to have a crush on someone. it feels like you're alive, you know?

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J’entends un peu de bruit qui semble venir de la salle de bain. Je suis réveillée mais je garde les yeux fermés, je ne veux pas croiser son regard lorsqu’il partira. Je n’ai jamais aimé ça. Ce regard stupide que les garçons se trimballent dans ces moments là. Comme si on attendait forcément quelque chose de leur part. C’est fou comme parfois ils peuvent se monter la tête, croire à leur propre mirage. Se donner l’importance qu’ils n’ont pas, et qu’ils n’auront jamais. Ils ne sont rien, si ce n’est un coup de rein passé minuit, avec quelques étreintes au sol en prime, histoire d’enjoliver le romantisme.

Mais peut-être est-ce ma faute, lorsque je les laisse me bercer avec leurs sérénades. Laisser courir, deux trois longueurs d’avance, même si je sais comment tout ce cinéma va se finir. Je ne sais pas dire non, mais j’aime les voir faire le beau. Ils m’amusent comme ces clébard qui danse sur leurs deux pattes arrières. Là, à montrer qu’ils sont les plus intelligents, et les plus drôles et les plus merveilleux sans réaliser qu’en vérité ils sont juste là pour combler le vide. Le strip d’une vie perpétuelle. Des jours qui se couchent, des nuits qui se lèvent. Et puis ce con plutôt bien joli qui parle qui parle qui parle, alors que je ne pense qu’aux choses qu’on fera deux heures plus tard…

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 08:17 PM - - Permalien [#]
150814

let the ghosts disappear

RICHARD BRAUTIGAN_

Quand je commence à lire Brautigan, il est difficile pour moi de m'arrêter. Pourtant, il n'a jamais fait parti de mon panthéon privé d'auteurs admirés. Mais le personnage, le personnage...Je me rappelle de Christian Bourgois qui avait donné cette interview dans ce vieux Libé, où il nous livrait sa rencontre la plus inattendue, celle avec Brautigan, bien évidemment : 

C’est un auteur que j’ai publié avec enthousiasme et dévotion dans les années 70. Chaque nouveau livre était un enchantement. Au bout d’un certain nombre d’années, en 1984, j’ai réussi à convaincre son agent de le faire venir à Paris depuis le Montana. Je suis allé le chercher à Roissy, c’était comme aller à la messe, je n’avais qu’une photo de lui et j’avais fini par inventer un personnage. J’ai vu arriver un grand échalas, tout en jeans, aux cheveux filasse, immense, avec un air de chien triste. Au fil de son séjour, tout s’est détraqué. Brautigan était agressif, dépressif, il buvait comme un trou. Il n’est pas sorti de sa chambre d’hôtel, sauf pour voir Beineix (il avait adoré Diva) le Père-Lachaise et une grande surface. Il n’est pas venu au salon du livre où il était attendu mais a passé son temps à vouloir aller à Munich. Il est parti furieux, je ne l’ai pas revu, il est mort quelques mois après.

Peut-être la raison pour laquelle il continue de me fasciner, après tout ce temps.

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 01:58 PM - - Permalien [#]


Fin »