I WANT MY KATE MOSS _ [culture slut]

i used to do drugs, but don't tell anyone or it will ruin my image

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let the ghosts disappear

RICHARD BRAUTIGAN_

Quand je commence à lire Brautigan, il est difficile pour moi de m'arrêter. Pourtant, il n'a jamais fait parti de mon panthéon privé d'auteurs admirés. Mais le personnage, le personnage...Je me rappelle de Christian Bourgois qui avait donné cette interview dans ce vieux Libé, où il nous livrait sa rencontre la plus inattendue, celle avec Brautigan, bien évidemment : 

C’est un auteur que j’ai publié avec enthousiasme et dévotion dans les années 70. Chaque nouveau livre était un enchantement. Au bout d’un certain nombre d’années, en 1984, j’ai réussi à convaincre son agent de le faire venir à Paris depuis le Montana. Je suis allé le chercher à Roissy, c’était comme aller à la messe, je n’avais qu’une photo de lui et j’avais fini par inventer un personnage. J’ai vu arriver un grand échalas, tout en jeans, aux cheveux filasse, immense, avec un air de chien triste. Au fil de son séjour, tout s’est détraqué. Brautigan était agressif, dépressif, il buvait comme un trou. Il n’est pas sorti de sa chambre d’hôtel, sauf pour voir Beineix (il avait adoré Diva) le Père-Lachaise et une grande surface. Il n’est pas venu au salon du livre où il était attendu mais a passé son temps à vouloir aller à Munich. Il est parti furieux, je ne l’ai pas revu, il est mort quelques mois après.

Peut-être la raison pour laquelle il continue de me fasciner, après tout ce temps.

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 01:58 PM - 002: LOST AND FOUND - Permalien [#]

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don't need to hide

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Sa bite qu’il prenait pour un étendard lorsqu’elle se dressait dans le lit avec la vulgarité de ces gens qui croient distingué de mettre leur petit doigt en l’air en saisissant leur tasse de thé quand ils sont en visite chez une fausse duchesse à la peau fanée, flétrie, pourrie comme le parquet de leur boudoir fait de planches de cercueils exhumés après trois siècles de caveau. Je n’éprouve pas de haine envers lui. Je ne le connais pas. Il n’a qu’à s’exiler, mourir, garder la chambre. Il évitera le pire, et je me passe d’avoir à le lui infliger. Il n’est qu’un homme perdu dans la masse, avec son appareil génital en sautoir, et cette pitoyable inaptitude à éprouver des sentiments. Il croira à une aventure érotique impromptue, un fantasme enfin réalisé, mais il sera là pour expier sa conduite passée, future, et il ne pourra nier posséder un pénis, des bourses, ces pendentifs qui chez les humains font un homme, un amant possible, un plaqueur potentiel ou une de ces sangsues qui refusent en pleurnichant de partir, invoquant l’amour, des liens imaginaires. Je ne lui en veux pas d’être un mec, on n’en veut pas aux ciels gris, et seuls les imbéciles s’agenouillent devant chaque rayon de soleil.  

Régis JAUFFRET

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 02:58 PM - 002: LOST AND FOUND - Permalien [#]

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i was there

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J'ai raté ta vie. Je répète cette phrase en ricannant, le nez dans le verre. Il m'écoute sans broncher, un peu las de mes éternels coups fourrés. Je le regarde et je remarque à nouveau cette cicatrice qu'il a au coin de l'oeil. Une bagarre qui avait mal tourné, à l'époque où nous étions encore ces jeunes amoureux un peu cons. Il remue le fond de sa bière pour faire un peu de mousse avant de le finir cul sec. T'as pas raté ma vie, qu'il me répond en reposant son verre. T'as pas non plus raté la tienne. T'es comme un bateau perdu qui vogue de droite à gauche, sans se soucier de quoi que ce soit. Tu n'as pas de sentiments et c'est peut-être ce qui te sauvera, quand tout se finira. Tu es un monstre d'égoisme, qui prend et qui broie. Tu chiales mais ce n'est que pour la prestance. Tu n'aimes personne, à part toi-même. Tu n'es pas une belle personne, tu ne l'as jamais été, et tu ne le seras sans doute jamais. Et pourtant on y retourne, comme un connard d'insecte qui termine par se faire griller à force de s'être trop approché d'une lampe allumée. On y retourne parce qu'on croit qu'on sera celui qui te changera. Mais tu ne changes pas. Et on ne peut qu'assister, impuissant, à cette longue chute qui n'en finit pas. 

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 12:23 AM - 002: LOST AND FOUND - Permalien [#]

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lost sea

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Je n'ai plus devant moi que le néant. Et il faut que je me débrouille avec ça. Plus de destin. Juste un enchaînement de petits faits qui n'ont d'autre sens que celui qu'on veut bien leur donner. Une vie machinale, sans objet. La vie de tout le monde.

Raymond CARVER

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 11:13 PM - 001: POLYPHONIC PROSTITUTE - Permalien [#]

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where are you, sister?

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Je crois qu'aucune autre écrivaine ne m'a donné autant envie d'écrire que Kathy Acker. Pas seulement pour ses cheveux courts et ses lèvres très rouges. Mais juste pour cette phrase lue alors que je n'étais qu'une adolescente. "I want you to fuck me, i want you to fuck me twice". Ecrire ce genre de choses, en étant une femme avec des lèvres très rouges, on s'en rend pas compte, mais à quinze ans, ça fout une claque.

J'ai repensé à ça en voyant le slut shaming qu'une émission télé orchestre avec brio autour d'une petite blonde.

Je crois qu'on a vraiment besoin d'une nouvelle Kathy Acker.

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 10:27 AM - 001: POLYPHONIC PROSTITUTE - Permalien [#]

one of these mornings

2-100

Soleil, fenêtre ouverte sur les fleurs du jardin. Au loin juste le silence. Scarlett chante summertime tandis que je me ressers un thé. Ma mère m'a offert un nouveau jeu de cartes. Il parait que ça me calme, de tirer les cartes. C'est pas que je suis sans cesse furieuse en ce moment, mais presque. Ca coincide avec ma décision d'arrêter d'être triste. Au moins, quand t'es furieuse, tu te sens pas comme une débile de bestiole sur le dos, incapable de se retourner. Furieuse, c'est plus viable qu'en larmes. Après, je pourrais toujours alterner, un jour larmes, un jour grosse connasse, mais au lieu de ça, je tire les cartes sans arrêt, ou plutôt, jusqu'à ce que je tombe sur un tirage qui me va.

Et puis je lis. Beaucoup. Comme si je cherchais à en extraire quelque chose. Une vérité, le comment du pourquoi, je sais pas très bien au final. Mais ça m'ammène toujours à cleaner la baraque. Effacer les traces, lisser les surfaces, réparer des trucs, et à la fin, s'asseoir au milieu d'une pièce impeccable. De l'ordre dehors comme dedans. Et profiter du calme, avant le prochain orage.

WRITTEN BY FRANCES BEAN - 12:20 AM - 002: LOST AND FOUND - Permalien [#]


Fin »