samedi 4 juillet 2009
wild at heart - PART 1-

J'me rappelle de la vieille époque. Où les blogs se disputaient en
pagaille idées noires, Coca Cola et Courtney Love en pure californienne
destroy. Les références musicales allaient du rock 60s flower power, en
passant par le punk anglais, quand elles s'insinuaient pas dans le
registre 90s, avec pour chef de files des riot grrls très énervées. Ca
parlait films, Russ Meyer et ses putes, le mainstream à l'honneur pour
le plus grand plaisir des amoureux de la contre culture. Des benets à
grosse lunettes et de mochetés qu'on appelait geek sur le bout des
lèvres. Ca collait des photos d'actrices has been, abonnées aux rôles
merdiques dans des comédies tous aussi pourries. Les mannequins
n'avaient aucun effet magique sur les filles, sauf peut-être Twiggy et
Edie. Sans cesse mal agencées, des couleurs criardes ou sombres, selon
l'humeur, reflétaient à la perfection ces atmosphères décadantes où les
beautés fades n'avaient pas leur place.
Le langage était expressement vif, écorché, douloureux. Phrases
rapides, au tempo affolée et à la versification délibérément enragée.
Les doigts se brulaient entre héroines freaks et dialogues en sourdine.
Introspection malmenée, orgueil mal placé. Tristesse sur fond de
rock'n'roll highschool et de rage de vaincre dans les tréfonts de
l'âme. Jamais rien laissé au hasard. Image dégueulasse, bizarrement
calme. Personnages aux finitions approximatives. Avec ce qu'il fallait
de poudre et de fumée.
C'était la génération rock, des petits bloggeurs qui, à défaut
d'empoigner violement une guitare avaient choisi la voix des mots qui
sonnaient vites et forts. Le fond était délibérément blasé et ennuyé,
flanqué d'armatures littéraires chancelantes, perdues entre du Bukowski
lyrique et de la rage à la Despentes, références souvent de çi de là
chez des adolescents en quête de découverte et d'admiration sans borne
pour le sale et le glauque des bas fonds. Pete Doherty et les
Libertines étaient vus sous toutes les coutures, poète mythique et
mystique, idolâtré déjà bien avant ses parties de baise Mossiennes.
Inconnu au bataillon pour la plupart des gens, il était le trésor
caché, choyé, objet de nombreux fantasmes et de récits londoniens
enfumées des albion rooms pour les chanceux qui s'y rendaient. Pour les
autres, il suffisait de regarder les clichés d'Andrew Kendall ou de
Gregory Nolan, tout en écoutant les Paddingtons, Cribs, et autres
Others et en fumant cigarettes sur cigarettes pour se payer un cancer
de luxe avant l'heure.
Ca s'habillait mods pour aller au Bar III écouter Nelson et consorts.
Ca faisait de la pub gratos dans les commentaires en présentant des
flyers des Parisians et des Brats. On pouvait suivre en direct les
updates de journalistes et d'écrivains dans la mouvance Rock'n'Folk,
assister aux balbutiements d'une scène où les slims et les mèches
allaient devenir de rigueur. Ca mangeait Kinks, ça respirait Kinks, ça
dormait Kinks. Les jupes à pois virevoletaient, les chaussures
italiennes s'entrechoquait. A l'arrière ça gueulait fort, sur toute
cette apparence. Ces débats sans fin, sur cette idée que le rock et la
mode, ça faisait pas bon ménage. Ils disaient "la musique, toute la
musique, rien que la musique, et que le reste, c'était des conneries".
Pourtant l'histoire leur donnait tord. Quand on regardait nos idoles,
l'apparence les avaient fait autant que leurs notes.
Déjà depuis des lustres, cette rhétorique du look comme miroir de
l'âme. Mods, hippie, punk, gothique, rasta, grunge, kinderwhore, tout
autant de stéréotypes chiants à mourir et pourtant si présents dans nos
esprits. La boutique Sex et Vivienne Westwood comme étendard d'un art
de vivre. Partout dans le monde, nouvelles technologies, tout pouvait
aller si vite. Seconde peau, Hedi Slimane relance l'image sous
impulsion de scènes au visuel improbable pour une jeunesse tournée
définitivement vers un passé glorieux qu'ils prenaient un malin plaisir
à décortiquer. Mick Jagger est un fossile qu'on étudie à la loupe,
Patti Smith, une momie qui porte sacrément bien les t-shirts amples. Ce
qu'on retiendra, c'est qu'il faut porter des jeans élimés et
accesoirement faire de la musique, mais pas obligé.
Certains ont cherché à donner le change. A se prendre pour des Nick
Kent en puissance. Faisant l'apologie de groupes NME rentrés dans le
carcan de l'apparence. Certains plutôt bons, mais jamais plus d'une
semaine, coup marketing en branle. Le rock revit de ses cendre.
L'industrie de la mode aussi. L'entrée dans l'arêne des Klaxons
remettra sur les rails la décènie trashy des 80s, explosant au grand
public comme une bombe à retardement. Cory Kennedy boit de la bière
dans des concerts et fait le poirier devant Mark Hunter. Un concept est
dépoussiéré. Celle de la It-Girl. Les blogs s'y plient, les dures de
dures agonisent. S'ensuivent la folle course des parties nights et de
leur lots de pulls Mickey et de concours de lunettes à la Jarvis
Cocker. Des nanas plutôt jolies ressortent du placard les fringues qui
auraient pu causer la mise à mort de n'importe quel élève lambda niveau
collège-lycée.
L'apologie de l'image, arrivée à son paroxysme. Aggloméras de références
foutus en vrac, et déclinées à l'infini. Des clones de clones qui
s'expriment via des blogs de street fashion et de modettes en herbe qui
prennent la pose dans des tenues estampillées topshop-h&m-new
look-urban outfitters quand c'est pas vintage. A te montrer comment
elles sont très jolies et très créatives. Le body art par
l'intermédiaire du tissu. Le quart d'heure de gloire, la revanche de
ces mômes traumatisées par les diktats imposés par les mannequins
anorexiques et les vêtements honteusement hors de prix. A donner des
leçons de style à Karl Lagerfeld and cie. Les créateurs sont à la
traine, la rue parle fort et veut se faire entendre. Coup de poing dans
ta gueule. Et si c'était ça, être rock en 2009?
the cribs . our bovine public
crooked fingers

"Putain mais c'est hardcore, elle nous lâche Lolita Pille maintenant!"
ET
ALORS?
PS: Un Vincent Gallo s'est caché derrière un nibard. Sauras-tu le retrouver?
Les yeux qui tombent, la nuit à écrire comme une furie pour avoir perdu les bons fichiers. Je boucle le tout tellement rapidement que je regrette grave d'avoir trainer la gueule pendant près de quatre ans (cinq peut-être...putain ça passe trop vite cette connerie). Je suis quand même partie dormir vers 5h du mat' mais j'ai pas pu tenir plus d'une heure alors je me suis levée et j'ai commencé à taper quelques pages du bouquin I'M WITH THE BAND. Un an que j'y avais pas touché et j'avais oublié à quel point ce truc pouvait être drôle. J'aurais franchement adoré avoir une meilleure amie genre Pamela.Une groupie naive et romantique, un peu cul cul sur les bords mais si attachante. On en a plus aujourd'hui, des filles comme ça. J'ai essayé de retrouver cet article que Busty et Despentes avaient écrit justement, sur le phénomène. Je me rappelle après l'avoir lu que j'avais trouvé ça terriblement vrai et bien vu (chose assez rare pour que je le souligne). Je me suis souvenue des après-midis de loose sur le groupie central, à épier les moindres élucubrations de jeunes filles en fleur qui racontent à quel point un tel est triste, ou à quel point un autre a une grosse bite. Ca avait le mérite d'être divertissant, un pur dégueuloir de fantasmes mouillées d'ados déchainées...
J'avais des tonnes de choses à raconter mais tout s'est envolé. Trop claquée pour mettre en marche la cervelle. Plus tard, peut-être...
En attendant, Coconut Records se paye Chloe Sevigny dans leur clip. Jason a la classe.
mardi 30 juin 2009
haunted beach party

Hep, vous, là, reposez vos couteaux, elle n’a plus jamais écrit aucun
livre après ça, tout doux, du calme, reposez les excréments que vous
tenez en main, la merde ne s’enfuira pas, la merde peut attendre
quelqu’un de mieux, tu ne vas quand même pas la gâcher, ta bonne merde
à toi, pour une ménagère de moins de cinquante ans, qui marche dans son
appartement en traînant derrière elle l’abdomen de son aspirateur et
fait un truc, genre, mais pourquoi elle fait un truc, dis-moi, mec,
comment tu peux faire quoi que ce soit, si personne ne voit ce que tu
fais, si personne ne regarde, si tu restes à la maison. Dans son salon,
il y a un mur couvert d’articles, devant lequel elle s’arrête de temps
en temps et elle se touche dans la région des parties génitales et de
la cage thoracique, des coupures de journaux toutes protégées avec du
film plastique, elles les connaît par cœur, mais ça ne fait pas de mal
de les relire encore une fois, bien sûr, que des critiques positives,
elle change l’eau des fleurs qui sont posées devant, elle allume des
bougies parfumées, elle plante des sapins de Noël dans le parquet, sur
ses photos, elle corrige le blanc de ses dents avec du blanco, et tout
ça, ça dit : c’est fini!
Tchatche ou crève, Dorota Maslowska
***
Immersion totale. Je suis toujours comme ça, quelques jours avant le départ. Dix putain de jours durant lesquelles je vais attendre ma sainte traversée sur la highway. A errer de coffee shop en chiottes dégueux. A observer la décrépitude du paysage au fur et à mesure que la bagnole roulera. Là où l'herbe sera jaunie et sèche et les arbres l'ombre d'eux mêmes. Foutrement morts tout ça. Des camions par dizaine qui se feront la nique et des putes en âge de jouer à la poupée sur le bas côté qui réclameront du client via des décolletés plongeants. L'ambiance pas nette, où les églises cotoieront des bars avec gogo danseuses pour le plus grand plaisir des alcooliques du coin. Il y aura aussi des honnêtes gens, qui pueront la naiveté chrétienne en dégobillant des discours dépassés sur comment faut bien prier sinon on ira tous crâmer en Enfer. Et puis les vieux qui regretteront le mauvais temps, mais qui n'était finalement pas pire que maintenant. Les illusions perdues qui se liront dans leurs yeux qui en ont trop vu. Blasés, pas d'autre mot, tellement plus rien n'atteint. Il y aura ces nouveaux riches, à vomir avec leur résidence et leur piscine. Qui claqueront le fric imaginaire qu'ils pensent avoir amassés toutes ces années. Fringués Hugo Boss de la tête aux pieds, à boire du champagne la nuit dans des boîtes atrocement immorales mais où on se sent si bien. A parler marché et actions comme s'ils baignaient là-dedans depuis cent ans. Il y aura tout ça, pendant six semaines.
Et puis il y aura beaucoup de chaleur et pas mal de poussière. De la Bols et des cigarettes Vogue. De la musique et pas mal de livres. Des sundays à la cerise et du chocolat à la framboise. Le temps en suspend, calme, doux, léger. Rien en trop. Se permettre de traverser les villes les yeux fermés. Odeur familière. La maison. Pas mieux.
voodoo queens . shopping girl maniac
mercredi 24 juin 2009
nobody's daughter

Premier matin depuis des lustres même pas un peu tragique. J'innonde M. de mails, des trucs cryptés genre pur film d'espionnage, je sais que ça la fait rire. J'ai effacé des tonnes de vieilles photos, faire peau neuve, un truc dans ce goût là. J'ai collecté tous les clichés de Cindy Sherman que je pouvais trouver. Brillant, et beau. J'écoute Adam Green, tellement ça faisait longtemps que je l'avais pas foutu sur la platine celui là. Je l'écoute tellement que ça m'a fait me souvenir de pleins de choses. Vraiment jolies, les choses. Je crois aussi que je suis en train de tomber un tout petit peu amoureuse de Jim Sturgess, la faute à Annalisa. Matinée classe, en somme.
mardi 23 juin 2009
slow motion suicide

You can run but you can't hide.
Ca résonne fort. Crade et délabré. Comme une vérité qui t'égratigne bien fort. Ca m'a soulé de découvrir ce truc. Même si quelque part, je le savais déjà. J'avais pas envie de l'admettre. Jamais. Trop fière pour ça. Lâcher l'affaire, c'était un peu comme me foutre un flingue sur la tempe et presser le bouton exit en mode trash. Je mériterais sans doute pas mieux même si dans l'ensemble ça ferait un petit peu théâtrale. Mais c'est mon côté slave qui ressort dans ces moments là. A toujours vouloir en foutre des caisses, genre pour bien faire comprendre aux personnes en face que je crève 24h/24.
On est fin juin et je suis tellement à la bourre sur mon manuscrit que ça friserait la psychose en temps normal. J'aurais déjà du déployer un putain de plan de sauvetage, en m'enfermant dans ma chambre, un ventilo dans la gueule et une cargaison de cherry coke et de cookies sur la table, à osciller entre des piques d'angoisses intolérables et des moments de flottement post caféine en tout genre. Rédiger une page toutes les dix minutes, profondément inspirée et la concentration à l'épreuve des balles. Je ne vivrais plus et je me laisserais emporter dans un véritable tourbillon arty. Plus d'heures ni même de jours. Des sommets d'orgueuil en jeu. J'en claquerais de sommeil mais rien à foutre tant ça serait plus fort qu'un trip sous acide. Mais au lieu de ça, je branle du vent, sourire de conne à la fenêtre, en regardant passer des clebards moches et leurs vieilles maitresses qui s'effritent, laissant derrière elle leurs années en morceaux. Je pense à beaucoup de choses mais pas à travailler, ou pas autant que je le devrais, et ça c'est délicieusement mal. On commence sérieusement à m'engueuler, tellement j'ai l'air de prendre ça au dessus de la jambe. A me regarder de traviole, genre ça y est, je suis retombée dedans. Vous savez, mes sales habitudes qui consistent à se barrer loin. Que dalle.
Je me refais la totale John Waters pour m'occuper et je me dis que j'aurais vraiment du faire ça depuis longtemps. Ca remonte ce truc, vraiment. Tellement freak, tellement débile, tellement Waters, quoi. Tous ces personnages si laids, décrits sous l'angle le plus beau du monde. Et avec le sourire en plus. De bonne humeur, presque surhumain. Ca m'a suffit. Pour le moment. Même plus terrorisé à l'idée d'en voir des belles à la sortie, parcours exemplaire. J'attends la suite, avec impatience. Angoisse mêlée à de la pure frénésie. Quelque chose de neuf, improbable. Y a quelques mois, j'aurais avancé l'excuse bidon que c'est ruiné. J'aurais ruminé le truc jusqu'à l'implosion, et puis basta. Je me serais littéralement épuisée à base de conneries. Dans l'ensemble, j'aurais fait croire que j'ai essayé. Essayé si fort que j'en aurais broyé mon makeup. Et puis j'aurais finalement opté pour la glorieuse fin, celle où je me serais écroulée, avec "cause perdue" gravé sur mon front. Théâtralité de merde, je vous dis. Et au lieu de ça, je commence à y croire, un petit peu. Je me demande si c'est pas le début de la fin, commencer à casquer ça sur un ton confiant.
Je me demande si j'ai pas fini par oublier un truc important, dans l'histoire.
placebo . kitty litter
vendredi 19 juin 2009
too many teenage holes to fill

Soleil. Fenêtre grande ouverte. Pas bouger. Juste un thé glacé, pas trop loin. Des plombes que j'attendais ça. Calme, sereine. Je viens de finir Borstal Boy, de Brendan Behan. Je me remets, tout doucement. J'ai la tête à pas grand chose. Ca me tourmente de chialer à longueur de temps dans mes updates. A coup de rien, dans le registre delirium mince. Des notes en vrac, je tape le tempo avec ma vieille paire de ballerines complétement cradingues. Des années qu'elles sont foutues mais putain je peux pas me résoudre à la casquer à la poubelle. Je zone un peu, en rédigeant deux trois trucs sans véritable importance. J'écoute beaucoup de musique, dans la veine Tarantinesque. Je grogne un peu, quand on essaie de m'adresser la parole. Journée tranquille.
Blindée à mort, je flotte un peu mais pas trop. Je bloque sur quelques films. Je fous mon nez dans le magazine Entrisme. J'attends que ça passe, un peu vide. J'ai reçu du courrier. Bonne nouvelle en soi. J'attends de voir la suite. Un pur rythme de depressive. A rester cloitrer chez soi alors qu'il faut un putain de temps dehors. Trop de temps sur internet, ça va finir par me foutre la colonne vertébrale en l'air. J'ai la gueule sinistrée, à force de pas dormir comme il faut. Pourtant hier j'ai fini par pioncer devant le docu sur Kathy Acker. Et ça m'a vraiment fait chier ce truc. Sombrer dans le coma devant elle. J'ai trouvé ça dégueulasse, presque irrespectueux. Je savais que j'aurais du enregistrer cette émission.
Plainte de la voisine, parce que je fous mes disques trop forts. Je vois pas en quoi c'est un crime d'essayer d'étouffer ses de goûts de merde à elle. Je reste calme tout en essayant de la foutre en veilleuse. J'ai tenu cinq minutes. J'ai besoin que ça gueule, limite véritable aggression. Pas foutu de tenir en place, pas une seule seconde. Se fixer, juste pas possible. Je me demande d'où ça me vient. Sans doute pas de mes parents, qui sont tellement carrés et bien collés au sol. Ils le disent souvent, d'ailleurs, que j'ai un truc louche chez moi. Mais pas un truc louche moche. Nan, quelque chose d'agréable, de vivant. Ca m'a rassuré, en quelque sorte, cette phrase.
kasabian . fire