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Je dois ressembler à quelque chose comme une arme de destruction massive. Je dis ça, peut-être parce que lorsque je tourne sur moi-même, il n'y a que l'hécatombe qui me saute aux yeux. Pourtant j'essaie de bien faire, mais juste que parfois, les illusions doivent sans doute pas être assez fortes pour supporter tout ce bordel. C'est sans doute la raison pour laquelle dieu ou je sais pas trop comment faut l'appeler a crée les médocs. Pour qu'on laisse couler cinq minutes. Les doutes, les pleurs, la rage contenu. Tout ce qui déchire notre cage thoracique. Que ça se foute en veille, qu'on se dise que ouais, on en a enfin fini avec ça. Y en a qui disent que c'est l'abandon, le contrôle qui se fait la malle. Moi, ca m'a juste foutu le vertige et un sacre mal de bide.

Flottement. Un peu de douceur et d'innocence en attendant. J'écoute R.E.M, légère. Tout se passe. Sans se demander si c'est bien ou pas. J'en ai fini avec lui, j'en ai fini avec nous. Retour a la normale. Parce que même s'il aurait pu m'offrir tout ce que j'attendais, il était incapable de me faire aimer, même si ce n'est que du mirage, au fond.

***

Que se passe-t-il quand on est aimé à ce point et qu’on aime à ce point en retour ? La vie en commun prend d’abord une intensité d’abord douloureuse, puis insupportable. Ressentir trop d’amour devient tout simplement trop. Trop beau, trop violent, trop lourd à porter. A force de s’avoir dans la peau, on finit par se la faire ; cette peau devient hypersensible et on se retrouve vite comme deux écorchés. On s’aime à en hurler.

Isabelle Sorente, L.