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HE SAID TO LOSE MY LIFE OR LOSE MY LOVE
THAT'S THE NIGHTMARE I'VE BEEN RUNNING FROM
SO LET ME HOLD YOU IN MY ARMS A WHILE
I WAS ALWAYS CARELESS AS A CHILD
AND THERE'S A PART OF ME THAT STILL BELIEVES
MY SOUL WILL SOAR ABOVE THE TREES
BUT A DESPERATE FEAR FLOWS THROUGH MY BLOOD
THAT OUR DEAD LOVES BURIED BENEATH THE MUD

De bonne, ça va pas en s'arrangeant. La journée à osciller entre le maniaco et le depressif, genre cleaner toute la baraque, avec des phrases ultra puissantes. Un vrai travail sur soi que même le meilleur des psys, il aurait pas réussi à me bousculer. La radio à fond qui dégorge grave, avec des "on va tous mourir" toutes les quinze secondes, me faisant me rappeler d'un coup pourquoi j'avais cesser d'écouter le poste depuis déjà bien des années.

Du bruit dehors. Je regarde vite fait par la fenêtre. Une bande de lascars, dans le genre punk d'opérette. Ca déboule vite dans la rue, avec une allure tellement ringarde qu'on se serait cru dans un remake de Fame. J'ai baillé en les voyant taper dans des bagnoles, so boring tu vois. Dedans, y avait une meuf jaune fluo, que même les 80s l'auraient pas adopté tellement la décénie elle-même aurait pas eu le cran d'assumer une telle déferlante de mauvais goût. J'ai franchement eu mal pour elle, un instant, quand un des gars a essayé de la peloter. Parce qu'elle était vraiment jolie, un visage super agréable et tout. Et se taper un paysage aussi laid, chaque jour de sa putain de vie, ça m'a subitement collé les boules. Mais on pouvait remarquer qu'elle assumait pas. De la honte qui se lisait dans ses yeux, morts avant même d'avoir vu un truc, infime soit-il. Elle s'est crispée, quand il l'a prise par la taille, essayant désespérement de la galocher cinq secondes.

Je me suis fait un thé, pour faire passer le goût cradingue, tandis que j'ai mis ma cassette de Virgin Suicides, parce que pas foutu de remettre la main sur le coffret DVD Sofia Coppola (y a VRAIMENT que moi qui puisse paumer un coffret. c'est pas discret à la base quand même, bref). Si doux que ça me paraissait être la meilleure solution pour revenir à quelque chose de moins mochard. Bon, okay, la bande sautait, ça grésillait même un peu, mais Lux bordel, toujours aussi belle.

J'ai fini par paumer mes yeux sur quelques journaux que mon paternel avait abandonné là. Mais rien à retenir, tant ça semblait brouillon, un peu genre lendemain de cuite. Je me suis fais les ongles en rouge criard en me demandant quelle daube crasseuse j'allais foutre à la suite dans le magnéto. J'ai remis la main sur La Plage, je me souviens qu'on me l'avait prêté, parce que je vois pas pourquoi je l'aurai acheté. J'étais aller le voir au cinoche, la meilleure sieste de ma vie. C'est ce jour là aussi que j'ai divorcé d'avec Danny Boyle, quelque chose de bien coléreux. Y avait que la chanson que j'aimais bien, celle des All Saints. Pourtant y en a qui me tiennent encore tête, genre c'est un bon film, qu'au moment de l'avoir vu, j'étais trop jeune, j'ai pas tout compris (ou traitez moi direct de connasse, ça ira plus vite). De toute façon, dès qu'il s'agit d'une adaptation roman, y a plus personne (enfin y a des exceptions, voir paragraphe précédent). Je préfère automatiquement souvent le bouquin, même s'il est merdique, sorte de snobisme primaire, je sais pas pourquoi.

Je m'étire sur mon fauteuil, me frotte les yeux. Je pense que demain, ça va être le bordel, en pire. Parce que c'est dimanche, et que le dimanche, c'est forcément pire que les autres jours de la semaine. Mathématique. J'aime pas le dimanche. Point barre.

kings of convenience . failure