Nylon_May2005_07

FAMILY LOGO IT'S A GET UP AND GO GO
HOME ON THE RANGE
WITH THE FRESH AND THE TAMED
FURNITURE PEOPLE WALLPAPER MINDS
SIT DOWN SHUT UP WE'VE ALL GOT THE TIME

"The World is treatin' me bad...". Constat à l'arrache. Un truc sur l'abandon. Les gens qui partent et qui ne reviennent pas. Aussi sur ceux qui ne viennent jamais alors qu'on voudrait tant qu'ils nous regardent. Rien qu'un instant. Je comprends parfaitement les chansons d'amour qui finissent mal en ce moment. J'ai ce truc à dire mais je sais pas où commencer. Un mec à guitare chante sous ma fenêtre, ça m'emmerde beaucoup. J'en ai tellement rien à foutre que je pourrais crever sous vos yeux. C'est l'ennui qui bouffe. Cause I am a one woman team, playing with myself. Y a ce mot de Daniel Darc qui m'a beaucoup ému hier. Un truc griffonné sur un coin de table. J'aime vraiment beaucoup ce mec. Je devais pas réécrire pour l'instant et puis trop de choses. J'ai jamais su garder le silence. C'est juste ça, sans raison apparente. Se ramener et gueuler aussi fort qu'on peut. Des mots qu'on oubliera dans les minutes à venir. Je pense à demain, aux moments qui n'existeront sans doute jamais. A ces allées et venues dans une hypothétique existence. Des questions qui restent en suspend. "Et dans tout ça, vous vous sentiez mieux ou pas?". Des kids à la porte. Chialant sur une époque qui leur aura glissé entre les doigts. Derniers survivants sans retour permis. Se regarder dans la glace et en vomir de désespoir. Derniers soubressauts dans l'indifférence générale. Un mauvais rêve qui n'en finit pas. Pourtant c'était si bien. Tu me crois pas? Je veux des milkshakes à la fraise en plein New York. Et quelques clichés souvenir qui finiront en cendre quand tout sera terminé. Demain matin n'aura pas la même saveur parce que je le veux. Si simple à dire que j'en claque d'effroi une fois que t'as le dos tourné. Y a un mirage à l'autre bout du paysage. You're my playground love. Finir à l'hôtel, perdu dans une chambre inconnue. Ivre ou pas. Mais ivre quand même. Parce que pas seule alors que tu ne t'en rappelais pas. Il fait chaud, il fait froid, un peu d'héroine aux chiottes et basta. Les années sont moches, tu vires pure ground zero pour la sainte glory. Et c'est tapis dans le noir, près à bondir. Dans ta tête ça fait bang. Il te reste tellement peu de ces années là. Des mégots qui te crâment la peau alors que les autres partent déjà. Seule, définitivement seule. "Vivre ce qu'on a toujours voulu vivre". Et oublier ce qui ne cesse de nous manquer.

Un tour de manège et puis tout s'arrête. Un môme crie dans la foule qu'il a perdu sa mère. Des filles, toutes les mêmes. Des visages en pagaille. It's not my problem. On peut tout se permettre. Sans que ça paraisse taré. C'est qu'une sale époque à passer. Reprendre la route, sans se retourner. Tout est y est si clair, précis. Ailleurs, nul part, toujours. One way, ticket to nowhere.

stone temple pilots . vasoline