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Parfois j'ai la sensation de vivre une vie de songe, une vie bourrée d'illusions. Des erreurs, les unes après les autres, les errances qui n'en finissent plus. Je marche sans avancer, gestures perdues dans le néant de mes certitudes. Je me sens las. Aussi las qu'un con qui vient enfin d'ouvrir les yeux. Je me rends compte que les choses ont bien changé mais je m'y refuse. Allez savoir pourquoi. Je suis ce personnage dans les films, la tige inutile adossée au mur. Etre médiocre oublié au détour d'un plan serré. L'ennui me bouffe mais j'y reviens toujours. Je me persuade de ma chance alors que je ne fais que crever tout en lenteur. J'agonise, c'est ça, sourire béat. 

J'attends que les dérives me mènent là où je devrais m'attacher mais elles ne le font jamais. Et c'est toujours un peu plus loin que je me perds, là où je ne veux pas, là où je n'ai jamais voulu aller. Elles me laissent comme pour morte et moi, pauvre conne, j'acquiesce, dans le silence. Je brille par l'élégence de ma propre absence. Je le sais bien que ma vie est sur le bas côté, mais je ne veux pas quitter la route. Si rassurant, y parait que ça pue le danger quand on tente de s'écarter. J'ai rien à perdre, tout à gagner, et pourtant. Toujours la même rengaine, toujours la même lacheté. Les excuses qu'on énumère, mécanique, pour pas se l'avouer. La vérité craque mais jamais de démesure, on colmate. Et le mensonge prend le pas, toujours un peu plus. Ca rassure. Tenir des heures, des jours. Et on recommence, ritournelle incessante.

Mais pour encore combien de temps?