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Je pourrais dire tellement de choses sur l’attente. L’attente d’un mieux, l’attente du rêve. Il est en face de moi, un autre aussi, en transit. Pareil que moi, dans l’attente, il me dit : “Je crois que je l’aime parce que je n’ai personne d’autre”. Il est assis, pensif. Il fait tourner sa bière, puis soupire. “C’est drôle, je repensais à ce que tu disais, avec les yeux, le miroir de l’âme. Si on regardait dans mes yeux, je suis certain qu’on y verrait que du noir. Il en faut, du mal en soit pour jouer avec les sentiments de quelqu’un à ce point. Lui faire croire l’amour, à chaque minute, jour après jour. Lui tenir la main, lui caresser les cheveux. Passer toutes les étapes, réussir avec succès, lui montrer qu’on est digne d’être aimé. Ne plus vouloir rien lâcher, de peur que ça te file encore une fois entre les doigts. Et puis c’est si tranquille, si facile. On s’en accomode, le vide est comblé, on a plus rien à chercher. On est heureux, on est plus seul, on est retrouvé. On a gagné. On a enfin gagné… Et puis…et puis un jour le coeur déraille, le coeur a mal. La tête avance mais le coeur, le coeur, il n’est plus là. Il te rappelle seulement le mensonge, les années coulées, les années perdues. Le temps coincé, fatigué, éreinté. Et tu finis par te demander, si cette partie, tu l’as vraiment gagné. Quand tu lèves le voile et que tu le regardes à nouveau, ce vide qui a toujours été là, quoi que tu fasses. Le rôle mal attribué, qui t’embrasse le matin, sans réaliser que n’importe quel autre aurait pu avoir sa place…”
"Tu repenses encore à elle, parfois, je lui demande, celle que tu as rencontrée avant M.?" 
"Chaque jour de ma putain de vie." 
"Alors pourquoi tu lui dis pas? Pourquoi tu quittes pas tout, comme ces connards dans les films à l’eau de rose. Tu l’as toujours aimé. Quoi que tu dises, ça se voit sur ta gueule. Elle est dans ton crâne depuis bien trop longtemps pour que ça représente rien."
"Parce que je suis lâche. Autant dire la vérité. Et c’est la raison pour laquelle je vivrai avec la mauvaise personne jusqu’à la fin de mes jours. Je ne voulais pas être seul. J’ai eu ce que je voulais. Maintenant j’ai plus qu’à payer".