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[reddit] Vous savez, je l’ai connu, votre gaillard. Déjà à l’époque, il ne parlait que de vous. Pour moi, c’était qu’une amourette de gosse, un truc pas sérieux. Jusqu’à ce jour où il était chez moi. Je le revois, assis à la table de ma cuisine, comme si c’était hier. Je lui ai dit “Petit, qu’est-ce qui te fait croire que c’est la bonne? T’as encore l’âge que ta mère te brosse les dents”. Et il a posé sa tartine de nutella sur son assiette, calmement, et il m’a regardé droit dans les yeux, puis il m’a répondu: “C’est mon amoureuse, parce que c’est la fille la plus courage du monde entier. Elle a peur de rien ni de personne. Je sais que si les montagnes s’écroulaient, que si les mers se déchaînaient, que si les vents nous emportaient, elle serait là pour me protéger. Parce que l’amour, c’est pas emmener une fille dans sa chambre pour lui faire un bisou, ou lui tenir la main pendant un dessin animé. Elle est pas comme les autres. Et je dis pas ça parce que je l’aime, mais parce qu’elle est vraiment différente. Et des filles comme ça, faut pas les perdre, sinon après, on a plus que nos yeux pour pleurer et moi je veux pas la regretter parce que j’aurais été trop bête pour pas l’avoir réalisé.” A même pas dix ans, il avait tout compris. Ca m’avait scié les jambes, quelque chose de bien. Quand je revois défiler ma vie, je réalise que j’en ai connu, des gourdes à beaux seins. Des chouineuses aux mous d’enfants qui passaient leur temps à rire et à danser.  Je trouvais ça splendide alors qu’avec le recul, ce n’étaient que de ravissantes idiotes qui pensaient posséder la vie alors qu’elles n’y comprenaient rien. Elles étaient là, avec leurs costumes d’apparats, à me soûler de paroles à propos de livres qu’elles avaient vaguement lu et à se donner de grands airs sur des problèmes politiques dont elles ignoraient tout. On est con, quand on est jeune. On croit qu’un cul, c’est le signal donné à notre coeur pour nous faire chavirer et on se laisse berner pour le reste. On se fourre bien le doigt dans l’oeil. Et j’avais beau me persuader à chaque fois que c’était de l’amour, aucune d’entre elle ne m’a impressionné comme vous l’avez impressionné. Un gamin malin. Très malin. Pourtant j’en avais rencontré une, de petite nénette dans votre genre. Un sacré beau brin de fille. Pas plus grande que vous, une taille bien dessinée comme la vôtre. Brillante, drôle, discrète, et ce regard qui vous pétrifiait d’un battement de cils. Et j’ai rien fait. Et vous savez ce qu’elle est devenue? Elle a épousé un mec chanceux.