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Lu quelque part (je sais plus où) (comment ça tu t'en fous? tant mieux j'avais pas l'intention de rechercher mes sources) que Pete Doherty était à la Fashion Week. J'avais bien entendu des bruits à ce sujet, mais rien de bien concret. Une sorte de colibri desséché en avait parlé à sa copine diamantée jusqu'à dans les trous de nez. Mais moi, j'avais foutu ça sur le compte de la dope qu'elles s'étaient enfilées histoire de faire la nique à la super rage qui a du leur grignoter le bide après avoir réalisé que ouais, malgré les 10000 euros de tissus sur le dos, elles ressemblaient toujours à rien (dur). Ouais donc me demande pas pourquoi mais ça m'a fait pensé que j'ai entamé de nouveau Less Than Zero, préparation pour la sortie du nouveau bouquin de Bret, avec en prime le souvenir de cette discussion que j'ai eu il y a pas mal de temps, très certainement à l'époque où je mettais du noir sur mon ongles, que je lisais de la poésie trop destroy et que je fist fuckais le world avec mes bagues tête de mort. Ouais donc retour sujet initial (ou pas, je sais déjà plus. toi non plus? pas mon problème), discussion sur ces livres qui n'ont pas de début ni de milieu et encore moins de fin (un peu comme cette note, en fait). Et paf, y a eu ce dégueulis d'émotion qui m'a pris à la gorge, et pour être honnête ça m'a un peu retourné, limite foutu en vrac (mais j'ai pas pleuré, rassure toi). C'était, c'était (sourire béat, telle une Paris Hilton après un cunni)...rah la la la la. Oui. C'était le moment où je découvrais un horizon tout neuf, au delà de France Dimanche et d'M6, c'était beau, c'était fort, c'était grand. J'étais fascinée, émerveillée, sidérée face à ces histoire de ces types si incroyablement laids qu'ils en devenaient royalement beaux. Leurs destins, qui se gravaient à même dans ta chair, abrupts et violents, qui se terminaient en plein milieu d'une.
Parce que.
Même si.
Frédéric Lefebvre.
Oh un.
Tu me comprends.
Oui, j'arrête.
Donc j'ai manqué Pete et c'est vraiment moche un truc pareil. Surtout que voilà, Kate aussi, elle était dans les parages. Et moi, la touriste catégorie bovine, j'aurais bien voulu voir en direct live leurs règlements de comptes, armée de mon portable, prête à dégainer LA photo. Kate Moss lui aurait dit que s'il n'avait pas eu une petite bite, les choses se seraient déroulées autrement, avant d'entendre un Pete (vraiment des plus confiants dans un retournement de situation d'une imprévisibilité telle que Rohmer en serait mort une deuxième fois) lui rétorquer que c'était clairement pas de sa faute si elle avait le vagin trop profond (et toc).

A la place j'ai palpé avec mes yeux amoureux de la Lindsay Lohan en mode pétasse de luxe (fidèle à elle-même, sans doute pour ça que je l'aime autant). Les filles étaient ridiculement grandes (connasses), les mecs étaient pas toujours très hétéros (dommage). De l'émotion, parfois un peu de cruauté mais souvent de la compassion. Des petites filles rêveuses, et d'autres, un peu moins. "Ces stylistes, ils font vraiment tous un boulot de merde - Nastassja, 6 ans et demi, à la sortie du défilé Chanel" (gniark gniark gniark, prend ça dans ta gueule, Lagarfeld). J'ai écouté avec le plus grand intérêt les modeuses blogspot et leurs conseils 2010/2011 "mais enfin Georgette, qu'est-ce qui t'as pris de te ramener avec un slim, c'est trop has been". J'ai observé ce microcosme bariolé, regorgeant de génies méconnus et de muses à la ramasse (ou de goût de chiottes aussi, je te laisse le choix, lecteur) (faut dire que la frontière est mince entre le génial et le ridicule) (c'est même un peu la morale de l'histoire) (mais la flemme pour te proposer une séquence émotion). Les japonaises étaient toujours aussi cools et les parisiennes...ben parisiennes, quoi. D'ailleurs je ne pouvais m'empêcher de fixer cette petite brune rondouillarde, définitivement mon choix de la décennie, avec ses bas et sa petite jupette qui te font comprendre que le style, c'est vraiment pas accessible à tout le monde. Mais bon, j'ai pas fait que regarder, j'ai aussi écouté à mort, histoire de rentabiliser le voyage. Parce que voilà, je m'étais pas tapée 150 km pour passer à côté de l'essence même de la mode à cause de mes conneries. Chaque moment se devait d'être culturel. T'as vu le sérieux, c'était du lourd (j'aime pas faire les choses à moitié).

Un provincial, avec une tête à s'appeler Kevin se met à courser toutes les personnes qui se font photographier, en leur demandant "eh oh toi là, t'es connu ou quoi pour te faire tirer la gueule comme ça? t'es qui sérieux, sur la vie dma mère, j't'ai jamais vu, t'es un blaireau!". Oui mais non. Il est apparu sur Facehunter. Alors camembert. Bill Cunningham longe les Tuileries, ne prend quasiment aucune photo, ce qui me conforte dans l'idée qu'on avait bien à faire à des guignols fringués comme des merdes et avec un intérêt qui crevait le zéro. Un photographe et ami de Carla Bruni m'accoste, après avoir tourné autour de moi pendant près d'un quart d'heure, sans doute surpris par ma présence (comme quoi, pas besoin d'être bonne. un perfecto et un regard blasé suffit). On parle de tout et de rien (enfin si, beaucoup de Carla et de Nicolas, vous vous en doutez, du buzz, du buzz), et même qu'il rit à mes plaisanteries pas drôles (so sweet). Il me raconte un peu sa vie, son job. Comment les pros se font bouffer par les photographes amateurs. J'assiste à du fight entre un bloggueur street style et un vrai de vrai, qui, lui, publie dans des magazines, à deux doigts de lui gueuler dessus "mais tu vas la taiser, ta gueule!" "eh, ta gueule avant la mienne, d'abord". Fulgurant. Je vous cache pas que j'attendais un peu le crash, comme une gamine qui trépigne à la vue de ses cadeaux sous le sapin. Mais que dalle, la demi portion à tronche de groom est allé tâter de la pute un peu plus loin, flippé comme c'est pas possible (non, reviens!).

Autant vous dire que je ne me suis pas emmerdée et je ne voulais pas que ça cesse.

Car comme dirait Natasha, 65 ans, domiciliée au bois de Boulogne, plus c'est long, plus c'est bon. Une connaisseuse, croyez moi.

bobby rydell . a world without love