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La zone. Update un peu à l'arrache. Le week end un peu partout et nul part, histoire de compenser les innombrables heures que je peux passer à trainer sur le net, poussant le vice jusqu'à picoler cafés et autres saloperies pour tenir bien éveiller. Pas en manquer une, même si en vérité, j'en ai rien à branler. Réalisée que j'ai laissé filer pas mal de trucs genre Pete qui chante l'hymne nazi (franchement, que Sid se balade avec la croix gammée, c'était un sombre crétin, mais toi quand même) ou encore Sonia Rykiel qui dessine des culottes pour H&M (assez moches soit dit en passant). Grand débat avec M. sur le terme mainstream parce qu'on est des filles avec des idées parfois et que ça fait très uncool de philosopher au lieu d'aller faire les magasins ou de télécharger la nouvelle merde hip. On s'est mise d'accord quand même que ça donnait vachement mal à la tête et qu'on se laissera un certain laps de temps avant de vouloir refaire nos petites frappes élitistes. Bon n'empêche qu'hier après-midi, j'ai pas trop fait ma maligne, dans le style nana éteinte tellement j'étais mal. Limite un combat de chaque instant pour que je sorte un mot. Faut dire que je la ramène par ici mais dans la vraie vie avec des vrais gens, faut vraiment me faire risette pour que je daigne l'ouvrir. L'image punkoide qu'on me refile est à des années lumières de ce que je suis. Préférez plutôt celle de la snobinarde froidasse qui n'en aura pas grand chose à foutre de vos gueule, et encore, si je suis sympa (oui, je sais, ça donne envie).

Je trouve ça d'un triste n'empêche.

Je suis restée au fond de mon fauteuil, un verre de coca devant moi, à les écouter gerber comment ils sont les plus beaux, les plus grands, les plus intelligents et que le monde, ils vont le bouffer parce que c'est comme ça et pas autrement. Mon pote, ce héros, il arrêtait pas de se tourner vers moi, et il me flinguait du regard comme pas permis, sans doute parce que je me tenais avachie devant lui depuis près d'une heure, à mâcher mon chewing gum bouche grande ouverte et que pour une blondasse de mon standing, c'est des choses qui se font pas, quoi. Ca m'a fait réaliser à quel point les gens peuvent changer en un espace temps aussi court. Je veux dire, il était là, avec sa coup' premier de la classe et son polo qui devait pas loin de coûter deux bras, et dans ma tête, y avait comme un court circuit. L'image qui se brouille, oscille entre présent et passé. Un peu dans genre voyage sous acide, ou transe à deux balles, au choix. A l'époque où sa tronche était un mur à pin's vivant. Des piercings partout, tellement de trous que j'avais la flippe dès qu'il se mettait à boire, que tout rejaillisse d'un coup. Il organisait des raves et riait aux éclats quand la flicaille venait le pincer à 8h du mat. Aujourd'hui il pue le flouze à papa et baise une certaine Marie Françoise, ou dans ce goût là. Toute une conception du subversif à remettre à plat.

Je finis par écouter la conversation à la table d'à côté. Une vieille et son fils, la quarantaine, plutôt pas mal dans le genre vieux beau sur le retour, qui tente lui faire bosser sa mémoire à coup de rubriques nécrologiques alors qu'elle vogue en plein dans la période virus N1H1. A lui répondre, inlassablement, que oui, tous ses amis sont morts dès que la pauvre vieille balance un nom, pleine d'espoir. Et comme il en a marre de la fripée qui part en free style, il a pas spécialement envie d'être attentif, surtout que voilà, il vient de divorcer de bobonne qui est partie avec le prof de gym bronzé de 20 ans son cadet,  qu'elle a pris la baraque, les meubles, et le canari, et qu'il se retrouve à devoir torcher le cul de sa mater pas foutu de rester seule. Et puis fait chier, une bombe au comptoir lui fait un pur numéro de chiennasse en chaleur(comprenez regard langoureux+jetée de chevelure+poitrine proéminente+croisée décroisée de jambe et alors là, summum, le mordillage de la lèvre inférieure - très vierge effarouchée, marche à tous les coups) et il peut même pas aller la brancher. Cet après-midi donc, sans doute qu'il emmènera sa mère au cimetière pour lui rappeler que poussière elle deviendra comme feu son chat, incinéré quelques semaines plus tôt et ce soir, y aura de grandes chances qu'il lui lise avant qu'elle ne s'endorme un passage des effets du cancer en phase terminal dans un bouquin de médecine, avec l'espoir secret qu'elle claque avant 20h30, pour qu'il puisse rejoindre la fameuse grue, rencontrée quelques heures plus tôt dans le bar.

Les rapports humains sont si cracra, parfois...

paris hilton . nothing in the world