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Je n'ai jamais su être mesurée, même pas un peu. Je vais pas dire que je regrette, parce que encore trop tôt pour le balancer comme ça. Une question de choix, qu'on assume ou pas, et qui vous colle au cul pire qu'un ex taulard en rut. Ce soir, j'ai un peu fait du constat de mes deux, pas vraiment grave, mais pas trop légère non plus, et j'ai eu un peu les boules, sans forcément sombrer dans le mélo drame. C'est que j'en ai toujours eu rien à foutre, des honneurs. Déjà toute môme, quand on me foutait là, au milieu de tout ce beau monde qui me scrutait en attendant que je chie des dons surnaturels histoire de les faire se palucher à l'aise.Y parait qu'à trois piges, j'avais déjà ce regard fuyant, qu'on avait du mal à cerner. C'est que j'avais aucune raison de regarder droit, tellement les choses défilaient devant mes yeux. A force de bouger comme j'ai pu le faire, j'ai fini par m'accrocher à bien peu de choses. Sans doute à cause du caractère éphémère du moment. J'ai jamais su saisir l'instant. Je me laissais glisser, parce que je voyais pas comment les choses auraient pu se dérouler autrement. Sans la moindre ambition, ni même une once d'estime de soi. Je comprenais pas à quoi ça pouvait rimer. Toutes ces journées passées à brasser du rien sur l'autel de la merde intellectuelle. A jouer au petit chien à sa maman, histoire de se taper un susucre si on a bien rempli son cahier avec tout plein d'images. Je me rappelle même que je l'avais obtenu, cette putain de grosse affiche, si on collectait suffisamment de bons points. Mais j'ai préféré la découper. C'est ce que valait rien, au final, cette connerie.

Y en a qui bandent dès qu'on leur caresse la queue. Qui s'adorent pour tant de génie genre j'ai vaincu l'adversité pour avoir pondu dix pages sur comment les pourris niquent le monde en dix leçons. Ces même personnes diront sans doute que c'est bien du discours de looseuse que je tiens là et moi peut-être que je leur cracherais à la gueule comme je pourrais tout aussi bien passer mon chemin. C'est juste une autre conception de la vie. Moins plaquée or, et sans doute moins naif qu'il n'y parait. Peut-être un peu trop rude, pas vraiment palpable pour certains. Y a de quoi me prendre pour une conne, mais je m'en branle. Si près de la vérité, qu'est-ce qu'il reste à cacher?

Y a ma mère hier matin qui m'a collé droit dans la gueule qu'elle était désolée pour tout ce qu'elle m'avait fait subir. Toutes ces choses que j'aurais pas du connaitre, toutes ces choses que j'aurais pas du vivre. De pas m'avoir offert ce que je méritais, de pas avoir été là quand il fallait. Ce gâchis là, qui te colle aux tripes et que tu caches soigneusement sous une flopée de mots dans le genre connard-suce bite. Des rires tonitruants et des je m'en cogne à la pelle quand les sourires s'effacent pour laisser place au malaise. Pourtant j'ai failli le baiser, ce parcours sans faute. Et en fin de compte, c'est lui qui m'a baisé. Sans doute que j'étais pas assez digne pour qu'on me traite comme une princesse. Alors j'ai juste préféré courir plus vite. Tout envoyer valdinguer, juste une question de luxe même s'il n'y a jamais eu grand chose, dans le tas.

La seule chose valable chez moi. Ce goût immodéré pour la merde. Marque de fabrique. Y en a qui se la crée et d'autres qui sont nés avec. Qui fantasment là-dessus autant qu'ils voudraient défoncer Sasha Grey. Qui veulent vivre vite et mal mais qui n'arriveront jamais à capter ce qui manquent désespérement dans leur falzard.

garbage . sleep together