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La journée passée à dormir. Migraine et beaucoup de silence. Pas la force d'ouvrir les volets. Le noir le plus complet, au dehors comme au dedans. C'est que mes insomnies me bouffent la cervelle et la junk food mon foie (et qui, dans son genre, agonise déjà pas mal). Le téléphone n'arrête pas de sonner. Je finis par le fermer. J'arrive toujours pas à comprendre ces gens qui s'obstinent à m'appeler. Comme s'ils avaient pas encore compris que j'ai horreur de les écouter parler.

Je ressors mes tarots, je tire les cartes jusqu'à ce qu'elles me donnent une réponse satisfaisante. Ca prend pas mal de temps avant que j'arrive à brouiller les pistes, mais jamais vraiment beau, jamais vraiment convaincant. Je finis par y lire ce que j'ai envie d'y lire. Se mentir à soi-même, un peu l'histoire de ma vie.

Et puis ce soir, je reçois le mail d'un gars. Pas le premier de ce genre en vérité. Le troisième, pour être plus précise. Un peu comme une putain d'habitude qui me pend au nez depuis que j'écris. Je me rappelle de celui qui avait ouvert le bal. Dans son genre il était pas mal. Il avait eu le cran de jeter sur le papier un personnage inspiré de mes écrits. Un peu la façon dont il me percevait. Ca avait pris des formes assez flippantes et m'a fait réalisé à quel point le blog, ça peut être à des années lumières de la réalité. Le deuxième, lui, c'était un peu du genre créature fragile. C'était une lutte de chaque instant pour que je le fasse pas chialer. A ce moment là, d'ailleurs, j'avais pensé, sûr, jamais deux sans trois, tu vois, un autre connard va débouler pour me faire chier parce que j'ai pas l'air assez salope comme ça. Et ça s'est révélée vraie cette connerie en fait. Le troisième; il a fini par se pointer, gueule enfarinée, pour que je lui déclame certaine que ouais, c'est un mec plein d'avenir (parce qu'on va pas se la raconter, quand on envoit ses écrits à quelqu'un, on veut forcément, une pipe, de l'amour et de l'admiration en retour). Et c'est justement ça, j'ai jamais compris pourquoi on voulait spécialement de ma pipe, de mon amour, et de mon admiration. Peut-être parce que j'ai toujours estimé que ça valait pas grand-chose. Qu'il y avait pas de quoi se taper le cul par terre quand je me mettais à causer. Cette allure crispée que je prends dès qu'on se met à me regarder. J'ai l'air grande gueule comme ça, mais je suis le genre de fille qui veut être oubliée. Pas de vague, pas d'intérêt. Sans doute pour ça que j'ai renoncé à beaucoup de choses, et que j'ai fini par m'enterrer toujours plus bas. Si je le regrette? Pas le moins du monde.

smoke (of oldominion) feat yadira brown . bleed