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NO I DON'T LACK AMBITION
CAN'T YOU SEE WHAT I HATE
THAT IT'S YOU WHO IS SINKING
LOCKED BEHING IRON GATES

J'ai toujours connu ces pièces enfumées, avec ces visages qui me parlent pas vraiment des masses. A discuter de tout et de rien, une bière sur le coin de table. Chercher à percer leurs sunglasses de merde histoire d'y extraire une once d'humanité. Peut-être même leur trouver de l'intérêt, à la fin du défilé. Vivre et laisser mourir, sans grande importance. C'est que j'ai du mal à trouver ce que je cherche. Comme si je me sentais pas assez crasseuse. Fallait que j'entraine tout ce beau dans le glauquard, genre donner le change, au final. C'est qu'il y a beaucoup d'instabilité, chez moi. Ca se calcule pas, ça s'appréhende. S'aimer autant qu'on peut se détester. Pas dans la demi mesure. Je suis descendue et je suis restée un peu dehors. J'ai fermé les yeux, pour oublier un peu ces rêves qui vous pourrissent à force d'y croire. Folle furieuse, mettre le carnage sur pause. Arrêter, pendant qu'il en est encore temps. Eviter d'en arriver à un point qu'on pourrait amèrement regretter. Un dessin sans perspective, à l'arrache.

Gris et lourd. Peut-être à cause de ce qu'il m'a dit. Des choses qui vous font respirer autant qu'elles peuvent vous coller leurs poings en plein dans le bide. Ca vrille dans tous les sens, tu cherches à fuir mais toujours le moyen de refoutre la main dessus, dans le genre destin de mes couilles. J'ai pas vraiment pleuré, trop vieille pour ces conneries. Enorme passage à vide, qu'on essaie même plus de combler tellement le mirage finit par atteindre de plus belle. Taper toujours plus fort, souvent pour rien.

J'ai fini par me demander, si j'étais pas comme eux. Je me suis regardée dans le miroir, et j'y ai vu que du vague. Beaucoup de brouillard, et des formes pas vraiment précises. C'est que pendant longtemps j'ai voulu des raisons, des excuses, n'importe quoi, du moment que ça pouvait apaiser la malaise qui bouffait depuis des lustres. Et peut-être que j'ai terminé par en réclamer trop. Et que là, ça me revient tout droit dans la gueule. J'ai balayé mon regard sur toutes ces gueules fadasses qui me faisaient front et j'y ai vu que des points communs, même pas surprise du résultat.

Je m'attendais à quoi, au juste? A courir dans tous les sens, ça rattrape toujours pour te claquer au mur. Où que je me barre, c'est ruiné d'avance. Y a des trucs qui changent pas, changeront jamais, même si on s'efforce de bien s'y appliquer. Question de karma broyé à l'infini. Dans l'ensemble, j'aurai essayé.