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Je dois vraiment avoir un truc de feu au fond de moi. Tellement sur les nerfs, à se bouffer le crâne avec des conneries de première. Quelque chose de vraiment super bancale pour faire la gueule comme ça, sans raison. Et pas que ça me fait chier, parce que j'ai appris à vivre avec, mais c'est pour les autres. Putain, comment ils arrivent à gérer? Mais sérieux, une connasse comme moi dans les parages, je l'aurai déjà tué à coup de pelles. Y a des moments où j'admire vraiment. Genre j'observe ça, silencieuse et tout, un thé menthe à la main. J'aurai presque envie d'applaudir, pour le self control et la patience de dingue. Ils le mériteraient vraiment. Et pas un petit truc qui laisse un goût amer. Du grand, du très grand.

Je laisse couler. La mélancolie, ça fatigue à bout. Même qu'on se demande comment on a pu en arriver là. J'veux dire, s'il y a vraiment du sincère dans tout ça. Si on a pas fini par se faire bouffer par une énorme machine à chiale à défaut d'avoir essayer de combattre les instants de merde. Un peu comme sur un fil, je crois que j'ai juste du balancer du mauvais côté. Y a une époque de ma vie où ça me faisait marrer. Du style à fanfaronner avec mes grands mots et mes grands gestes. Mais je crois qu'on finit par se lasser de tout, y compris de sa petite gloire de nana dark avec qui on aimerait bien tenter un suicide collectif. A se regarder dans la glace, le khôl qui coule mais qui rend tellement pas tant tu parais fade. C'est un peu l'histoire de ta vie. Rester en retrait pour mieux y crever. C'est un truc dont j'ai appris à m'accommoder, années après années. Tellement ça semble être parfaitement dans l'ordre des choses. Se regarder partir pour aller nul part et aimer ça. Qu'on m'arrache le peu de dignité qui me reste ou qu'on me foute enfin la paix, au choix.

J'ai pas cessé d'y repenser. Aux souvenirs qui se sont accumulés et qui ont laissé une empreinte. J'ai essayé de vraiment tout liquider. Pendant trop longtemps. Mais maintenant je n'y arrive plus. Si fatiguée. Partie intégrante de moi-même. Presque nécessaire. Cassée d'un point à un autre. Parce que désormais, il n'y a plus de bien, ou de mal. Il n'y a que moi. A prendre ou à laisser. Jamais entre les deux. Ne plus se perdre. Tous ces autres, qui t'ont bouffé, puis recraché. Plus rien ne compte. Dans leurs yeux, tu t'es effacée. Il n'y a que comme ça que tu pourras avancer.

J'avais envie d'un truc doux, gentil. Une pointe de positif dans tout ce bordel. J'ai trouvé cette photo de Lou, avec son gamin. Ca m'a fait me souvenir du jour où je les ai vu à la terrasse de ce bar, à Bercy. Il dormait dans les bras de sa mère, vraiment paisible. Même que j'ai regretté de pas avoir un appareil photo sous la main pour marquer ce moment. Terry Richardson s'en est chargé. Un milliard de fois plus classieux.

scarlett johansson . last goodbye