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Tellement je pue la pop à deux balles depuis quelques semaines que je me suis enfilée directe la totale de mes putes préférées période 90s, avec ce qu'il fallait de robe babydoll et de noeuds dans les cheveux. Genre caution démocratique pour avoir sombré dans le son bubble gum qui grince.

_Promis, bientôt une radio avec de la musique pseudo intellectuelle zarbi pour tous ceux qui se sentent offensés par Rihanna.

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Je traverse à nouveau les routes les yeux fermés. Comme à l'époque où la peur n'osait pas me bouffer le bide. Fière de ma connerie quand ma gueule croisait un miroir. Aucune dégueule, juste un sourire abruti sur ma tronche qui n'en avait rien à battre d'y comprendre que dalle. C'est peut-être parce qu'on hésitait jamais à me rattraper quand ça commençait à mal tomber. Maintenant, tout semble si différent. Plus calme, plus léger. Comme un bouquin qu'on a définitivement clos. La possibilité d'en écrire un neuf, et le garder beau comme au premier jour. Sans corner les pages sur lesquelles on voudrait revenir. Parce que c'est devant que ça se passe tandis que le passé n'a plus sa place. Les moments qu'on a précieusement gardés pour soi, pour pas faire lâcher des "oh" de douleur à ceux qui croyaient que ça se vivait seulement au cinéma tout ça. D'être vu comme l'être le plus pathétique en alignant les expériences crasseuses qui vous ont rendu aussi bas. Blasé par sa propre vie avant même d'avoir osé y toucher.Une de perdu c'est dix de retrouvé. Le bonheur au bout de chemin, faut pas croire qu'on fait tout ça pour rien. Et même si ça semble sonner faux, y a le mérite de vouloir y remédier un peu.

Beaucoup de rêves qui se sont échappés pendant trop longtemps, ça tourne fort dans la caboche. Une sale envie d'avaler le monde. Et si c'était enfin pour aujourd'hui?Les choses sont simples en vérité. Etre enfermée ne m'a jamais plu et je l'ai toujours su.Loin des doutes, j'ai toujours été quelqu'un d'autre.

Je me retrouverai, quel qu'en soit le prix. Sans peur ni reproche. Je suis plus forte que ce que l'on croit. Et c'est ce qu'il me fallait. Réaliser que rien n'est impossible. Ca semble bateau mais j'y crois. Peut-être un peu trop, mais j'ai plus rien à perdre. M'écraser contre les murs ne m'a jamais empêché d'avancer. Une putain de fumisterie que j'ai fini par payer cher. Sans partage, j'ai tout gardé pour moi. A m'en décrocher le crâne, mais quelque part, j'ai toujours pris ça comme un avantage. Les coups durs et les mensonges. Les mauvaises rencontres et les choix bâtards. Une ombre parmi tant d'autres. Faut apprendre à composer si on veut exister. Et même si plus rien ne compte le monde ne cessera pas de tourner. Car rien n'a jamais compté depuis des années et des années.

Et c'est pas faute d'essayer, mais il en faudra plus, toujours plus. Sans véritable raison mais la lumière, on finira par la toucher.

the gits . it all dies anyway