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GET INTO THE GROOVE

Je panique tellement j'ai mal. Il se pourrait même que je pleure, sans raison. Comme à la belle époque. Où l'on me prenait pour une malade. M'écrouler dans du drame gluant, à en crever. Je me foutrais des baffes par mille tellement ça me colle la gerbe tous ces souvenirs. Un putain d'état statique, à osciller entre le bien et le mal, toujours sur le fil du rasoir. J'étais atrocement ridicule, et à vrai dire je le suis encore. Là, dans le miroir, une gueule en manque qui n'attend plus rien. Du vide comme on en fait plus. A genoux, prier pour un miracle qui ne vient pas. Tu vois le genre?

J'ai pas mal misé pour tout perdre. Et l'un dans l'autre c'est pas si mal. Un cas de conscience, sentiment de légèreté. Je pourrais me plaindre, mais j'ai pas les mots qui claquent. Ceux qui comptent et qu'on oublie pas. Après tout je m'en fous, il est trop tard.

Je suis déjà partie alors que l'année n'est pas terminée. L'itinéraire, toujours le même. Loin, très loin, ou peut-être pas tant que ça mais juste là-bas. Ailleurs, quelques semaines on the road. A l'est l'air y est plus respirable, ou en tout cas c'est ce que je crois. Il m'en faut peu, très peu. Troquer mon clinquant londonien pour mes vieilles guimbardes communistes. Cet endroit pas encore tout a fait rongée par la vermine papier glacée, mais en voie de le devenir. Ces images qui respirent encore le vrai tandis qu'à côté, on a laissé place à l'artificiel bon marché. Peut-être que j'arriverai à oublier ce qui m'arrive. Et repartir sur de nouvelles bases. Quelque chose qui me fasse le plus grand bien. Comme un truc dont je peux pas me passer tellement la nécessité se fait ressentir.

Je me le dois. Sans autre explication.

rotofobia . neony