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Ah, ma Liz, qu'ont-ils donc fait de toi...

J'écoute les premiers disques de l'ex princess indie reconvertie pop queen le temps de quelques chansons merdiques. Je flippe toute seule devant MTV en bouffant du pop corn, version pyj et les mouchoirs pas loin. La crève qui te claque bien la gueule tellement ça te fout par terre. Accroché aux murs, quelques vieilles photos, grande époque pendant que ça s'active à l'extérieur. Quelques anciennes connaissances de retour pour bien te coller la glande. Là, à traîner par chez toi, en attendant que tu sortes pour affronter cinq secondes ton destin. Mais foutrement que dalle quand on sait ce qui s'y trame. Tu le sais que t'es pas une beauté, une des ces filles incapables d'oublier. Pourtant, celui là, il te suivrait en enfer, juste parce qu'il est aussi taré que toi. Tu te demandes alors si c'est bien raisonnable tout ça. Vos coups de gueules en mode aléatoire en attendant le prochain train. A filer vers des horizons de rêveries à deux balles. Pour mieux se dire qu'ici c'est juste pas le paradis. I'll be a little girl forever. A y croire dur comme fer et se fabriquer des mirages de bonheur.

On atteint le moche et le dégueulasse. A bas prix parce c'est plus glam. J'ai l'air d'une écorchée comme ça mais c'est juste fade. Des loosers à la pelle qui ne demandent qu'à faire chialer ta mère. Une conséquence pathétique d'un début de vie chaotique. J'avance toujours tête baissée, de peur qu'on puisse me regarder. On m'a appelé ce matin. Une connaissance d'une connaissance. Qu'il faudrait vraiment que je songe à moins prendre les choses par dessus la jambe. Genre y a une chance d'y arriver si seulement je le voulais. J'ai bien aimé son discours. Truc de fric, as usual. Baiser du conceptuel pour en faire de l'industriel. Il avait l'air sérieux pourtant. Mais c'est pas le premier à chercher à m'aider. "Si seulement vous arrêtiez de tout broyer". J'avoue qu'il y a de l'idée. Mais un truc au passage que personne a l'air de calculer. Je suis rien qu'une putain de môme parmis tant d'autres. A qui on marche sur les pieds une fois dehors. Toi qui aime me lire, tu serais la première personne à me cracher à la tronche. Et je dis pas ça pour rire. Y a rien d'excitant là-dedans, que de l'ennui.

Je pense à ceux que je déteste et qui me le rendent bien. Et puis à ceux que j'aime mais qui ont préféré se barrer loin. A tous ces mots gratifiants qui me font du mal et ces discours inexistants que je souhaiterais tant.

Je suis insatisfaite et le temps m'oppresse. Demain, peut-être...

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