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I HATE THE WORLD TODAY
YOU'RE SO GOOD TO ME
I KNOW BUT I CAN'T CHANGE
TRIED TO TELL YOU
BUT YOU LOOK AT ME LIKE MAYBE
I'M AN ANGEL UNDERNEATH
INNOCENT AND SWEET


Voir des tonnes d'abrutis s'engouffrer chaque jour là où ils ne devraient pas, avant d'en ressortir, la gueule plongé dans de la béatitude au rabais. Heureux les simples d'esprits qu'on m'a toujours dit. Comme si ça devait tout expliquer alors que moi j'en avais juste rien à branler. On m'a causé d'attitude malsaine. De sales mots pas prononçables. Que j'avais une drôle de façon de parler. Et que c'était pas digne d'une fille de la haute. Genre on y prête attention. A ma personne. Et puis je l'ai jamais été, de la haute. C'est eux qui l'ont toujours raconté. Parce que ma tronche a jamais plu mais au final, et c'est pas plus mal.

Des tas de choses qui germent dans mon crâne. Voyage à Stockholm sans doute d'ici quelques mois, et puis une envie refoulée, pour faire comme les copines. Quand on se retrouve à naviguer d'une page à l'autre alors qu'en vérité, rien ne vous a jamais vraiment convenu. Foutre toute sa personnalité pour faire du beau, du grand, comme on en rêve. De l'univers crados au fil des pages et de l'underground junk pour les retords qui ne trippent qu'en black and white. Où on parlerait de putes fringuées jacket vinyle rouge et de mecs en bagnole sur la lost highway. Juste prier pour un truc neuf, sans artifice. Qui sent le vintage 60s perdu dans des greniers poussiéreux. A la croisée des chemins, paumé vers nul part.

Et puis rien, tout lasse et passe. Revenir à la case départ.  R'n'B bon marché dans les oreilles. Ladies and gentleman I know what you want. Soleil dans la gueule, Dazed & Confused entre les mains. Ready for anything ect. Madonna encore bien foutu pour son âge. Je veux la chemise Fred Perry de la page 98. Beaucoup de sommeil à rattrapper et quelques disques à écouter. Je m'ennuie, je veux partir. Traîner à en crever, les talons en sang. Réavoir 12 piges pour acheter des bijoux bling bling et trouver ça classe. Même pas honte de ressembler à que dalle. Sans cul ni nibards, broyer la foule à coup de barre. Je rigole de leurs blagues alors que ça chiale grave. Devant mon diabolo framboise, causer sex and politics avant de s'enflammer pour une phrase de traviole. Je crois franchement que malgré tout j'ai tord. Et pourtant continuer pour mieux s'esquinter. Et oublier l'instant d'après. Rien n'a d'importance. Je préfère tout terminer.